‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 143 sur 345 · LES SOUBRETTES · texte numérisé non relu

LES SOUBRETTES

avec Lisette, qui a résisté pourtant au mariage de la comtesse et au sien propre. Il ne s'est pas troublé d'un premier refus très net : « Quelquefois pourtant nombre de gens ont estimé que j'étais un garçon assez revenant, a-t-il dit à Lisette; mais nous y retournerons; c'est partie à remettre. » Et en effet, il manœuvre si bien pour son maître et pour luimême, que Lisette se laisse épouser d'admiration : « Maraud! s'écrie-t-elle au dénouement, je crois en effet qu'il faudra que je t'épouse. » « Je l'avais entrepris ' », répond avec calme « de tous les fous de la Gascogne le plus effronté mais aussi le plus divertissant 2 ».

Plus encore que les valets, les soubrettes ressemblent à leurs maîtresses . Elles ont bon air et bon usage, elles sont polies, munies de souvenirs et de comparaisons littéraires : « Les plus courtes folies sont les meilleures, dit l'une d'elles; l'homme est faible: tous les philosophes du temps passé nous l'ont dit et je me fie bien à eux 3. » La cordialité familière avec laquelle on leur parle, les confidences qu'elles reçoivent en font des amies de condition inférieure, très dévouées, peu respectueuses. Écoutez Colombine se promenant avec sa maîtresse : « Je songe à une chose, dit la comtesse. — Voyons ce que c'est, répond Colombine; suivant l'espèce de la chose, je ferai l'estime de votre silence 4. » Un moment auparavant elle déclarait à sa maîtresse et à Lélio, épris l'un de l'autre sans vouloir l'avouer, qu'ils « lui donnaient tous deux la comédie 5 ». Plus loin, la comtesse se

l. Le Legs, scène xxv.

i. ihui.. scène v.

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