‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 144 sur 345 · La première Surprise de VAmour, acto II. scène iv · texte numérisé non relu

La première Surprise de VAmour, acto II. scène iv

l. Jbid., acte II. scène i.

•i. lhhl., acte I, scène vu.

fâche : « Mademoiselle Colombine, vos fades railleries ne me plaisent pas du tout. » Mais Colombine continue sans s'émouvoir et, de la part de la comtesse, le vous succède au tu ! : c'est la plus grande marque de sa colère. Presque partout les maîtresses parlent à leurs suivantes comme à d'intimes compagnes, à qui l'on ne cache rien de ses secrètes pensées 2. Aussi spirituelles que Pasquin et Lépine, Lisette, Jacqueline, Marton, conduisent la pièce de concert avec eux et les épousent presque toujours, mais elles donnent moins dans le jargon et le phœbus, elles ont la plaisanterie plus naturelle et les sentiments plus relevés. Presque toujours elles accusent une bonne humeur qui pétille en fusées de franc rire, une espièglerie alerte et mutine, un esprit de repartie qui ne les laisse jamais dans l'embarras. Quanta la finesse, on pourrait leur appliquer la plaisante exagération de Crispin à propos de leur ouïe : « Cette oreille-là, voyez-vous, d'une demilieue entend ce qu'on dit, et d'un quart de lieue ce qu'on va dire 3. »

On retrouve parmi elles la même variété des caractères que parmi les valets. Marton, des Fausses Confidences, est une bonne et honnête fdle, d'origine honorable quoique modeste 4, dévouée franchement

1. La première Surprise de l'Amour, acte III, scène n. Voir. dans la seconde Surprise de l'Amour, la suivante de la marquise, Lisette, aussi familière avec sa maîtresse.

2. Dans les Serments indiscrets (acte II, scène m) Frontin dit à Lisette : « Tu me parais être le mieux du monde avec ta maîtresse. » Et Lisette répond : « C'est moi qui suis la sienne, je la gouverne. » Cette manière de représenter les soubrettes n'est point de pure convention : Marivaux a pris, dans la réalité contemporaine, quelques-uns des traits sous lesquels s'offrent ces suivantes; voir de Goncourt, la Femme au iviu" siècle, chap. m, p. 111.

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