‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 150 sur 345 · Déjà relevé, ci-dessus, p. loi», n · texte numérisé non relu

Déjà relevé, ci-dessus, p. loi», n

par sa lecture de Sénèque entre deux amoureux qui ne l'écoutent pas et songent à tout autre chose qu'à la philosophie, une scène d'un excellent comique '. Sa manière de tourner une déclaration galante à Lisette ne vaut pas celle de Thomas Diafonus; toutefois, elle a son prix :

HORTENSIUS

(Vos beaux yeux) ont mis mon cœur en état de soutenir thèse, Mademoiselle, et, pour essai de ma science, je vais, si vous l'avez pour agréable, vous donner un petit argument en forme.

LISETTE

Un argument à moi! je ne sais ce que c'est, je ne veux point tâter de cela : adieu.

HORTENSIUS

Arrêtez, voyez mon petit syllogisme; je vous assure qu'il est concluant.

LISETTE

Un syllogisme! eh! que voulez-vous que je fasse de cela?

HORTENSIUS

Écoutez. On doit son cœur à ceux qui vous donnent le leur : je vous donne le mien : ergo, vous me devez le vôtre.

LISETTE

Est-ce là tout? Oh! je sais la rhétorique aussi, moi. Tenez : on ne doit son cœur qu'à ceux qui le prennent : assurément, vous ne prenez pas le mien : ergo, vous ne l'aurez pas. Bonjour!

Et vite elle se sauve, poursuivie par le pédant qui lui offre « de petits vers latins sur ses beautés - ».

1. La seconde Surprise de l 'Amour, acte II, se. vm. — Cet Horlensius, qui rappelle à quelques égards M. Bobinet, de la Comtesse d'Escarbagnas, est un prétexte pour Marivaux, à lancer, chemin faisant, quelques traits comme les anciens. Voir ci-après, 4e partie, cliap. v.

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