FICTIONS MORALES
si fine, si spirituelle et si sublime, n'est pas bonne; c'est qous qui la faisons celle-là, c'est notre orgueil qui la forge; aussi la fait-il gigantesque, afin qu'elle nous étonne '.
Quelques-uns de ces morceaux, où « la raison coule de source », en effet, sont excellents. Ainsi, dans le genre habituel à Marivaux, les mémoires de la coquette corrigée 2, le charmant petit conte d'Éléonore et de Mirski 3, que l'on croirait, sauf la chasteté et la délicatesse du pinceau en un sujet très scabreux, détaché du Décaméron de Boccace ou des Nouvelles de la reine Marguerite, le voyage dans le Nouveau- Monde *, l'amusante lettre du mari qui déplore l'éco-