Acte III. se. i
2. - Les beautés dont cette l ragédie est pleine, dit le Mercure, nous feraient regretter qu'il ne se fût pas attaché à ce genre, si les excellentes productions qu'il a données en plusieurs autres pouvaient laisser quelque chose à désirer sur l'emploi de ses talents supérieurs. La pièce a été reçue avec beaucoup d'applaudissements, el elle le mérite. ■ {Mercftre, octobre 1747.) — La repris»' enl cinq représentations. (Frères Paxfaict, p. 385 et 3>.
ne serait pas raisonnable ». Marivaux se contente donc d'en appeler au lecteur en dernier ressort : « Je demande à ce qu'on la lise avec attention, et sans égard à ce que Ton en a pensé d'abord, afin qu'on la juge équitablement *. »
En continuant de faire violence à la direction naturelle de son talent, Marivaux se serait élevé sans doute au-dessus de ce premier essai et aurait conquis une place honorable et modeste entre Campistron et Lafosse, Duché et l'abbé Genest. Heureusement, il ne recommencera plus. Peu de temps avant l'échec de sa tragédie au Théâtre -Français, il avait fait représenter au Théâtre-Italien, avec un franc succès, Arlequin poli par l'Amour 2. Dès ce jour, il avait trouvé sa voie et il était maître de sa manière. Il avait trouvé aussi le théâtre et les acteurs qui lui convenaient. Sur trente pièces qu'il fit représenter, il en donna dix-neuf aux Italiens et onze seulement aux Français.
Établis en France depuis Henri III 3, les comédiens
1. Avertissement de l'auteur, en tète d'Annibal, dans l'édition des Œuvres de théâtre, 1758.
2. 18 octobre 1720. — Voir sur le type d'Arlequin, un des plus variés de la comédie italienne, ci-après 2e partie, chap. iv, et l'ouvrage de Maurice Sand, Masques et Bouffons, 1862, t. I, p. 69 à 120. On y trouvera une étude complète du rôle, de ses différentes transformations, et des principaux acteurs auxquels elles sont dues.
3. Voir sur l'origine, le développement et les vicissitudes de la comédie italienne : Lettres historiques sur tous les spectacles de Paris, 1717-1719, attribuées à Boindin, dont quatre sur les Italiens; Louis Riccoboni, Histoire du théâtre italien, 1728, 2 vol.; les Frères Parfaict, Histoire de l'ancien théâtre italien, 1753; Desboulmiers, Histoire du théâtre italien, 1769, 7 vol.; et surtout les ouvrages modernes de Maurice Sand, Masques et Bouffon*, Louis Moland, Molière et la comédie italienne, 1867, Eug. Despois, le Théâtre français sous Louis XIV, 1874, chap. v, Em. Gampardon, les Comédiens du roi de la troupe italienne, 1880, 2 vol. L'Introduction de ce dernier ouvrage, formé pour