‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 289 sur 345 · Voir Aubertin, /oc. cit., notamment p. :>i · texte numérisé non relu

Voir Aubertin, /oc. cit., notamment p. :>i

dévouement, de confiance, dont l'homme est capable , voilà de quoi se compose l'amour qu'on a pour un maître dans qui l'on est charmé de trouver un roi '.

Mais on est toujours de son temps. Peu à peu les idées du siècle, les théories de libre-examen qui sont dans l'air, pénètrent les esprits les plus respectueux. Marivaux en subit l'influence. Dans un curieux petit article publié par le Mercure en 1754, V Éducation d'un prince, il croit nécessaire de donner des conseils aux rois; il les met en garde contre les dangers de toute sorte qui menacent leur esprit et leur cœur. Il a sous les yeux, en effet, le résultat de ces tentations. En 1754, Louis XV a décidément fait banqueroute aux espérances qui saluaient le début de son règne; il n'y a plus d'illusion possible à son égard : c'est un triste homme et un mauvais roi. On dirait donc que la pensée de Marivaux, abandonnant le roi régnant, s'adresse au dauphin Louis, qui, résistant à la corruption de Versailles, vivait à l'écart, livré aux devoirs de la famille, à l'étude et à la piété. Ce n'est plus l'effusion chaleureuse de 1722, mais plutôt un souhait mélancolique, un avertissement contre les mauvais conseillers et les flatteurs qui perdent les rois.

Théophile, gouverneur du jeune prince Théodose, lui donne, avant de le quitter, ses derniers avis. En dépit des formes respectueuses du langage, ce court morceau est plein de vérités hardies. Théophile a beau dire : « Je ne fais point le philosophe » ; il parle le langage de la « philosophie ».

Pour rappeler le prince à la modestie, son gouverneur lui dit que tous les hommes sont égaux, que tous tirent leur sang d'une source commune, « qu'un

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