LA MOTTE
prendre parti pour le premier. Non seulement il publie V Iliade travestie, mais il met en tête une préface, dans laquelle il attaque directement Mme Dacier, au risque de détourner sur lui-même une colère prompte à l'invective, et il raille assez spirituellement la violence et l'aigreur du champion d'Homère. Puis, très longuement, point par point, il réfute les reproches faits à La Motte. Par surcroît, trouvant que celui-ci n'est pas estimé à sa valeur, il se fait, en quelque sorte, le démonstrateur de cet « esprit très rare ». Et lui, le fantaisiste charmant, le romanesque auteur de féeries, il loue son ami de manquer absolument « d'imagination », de représenter la « raison pure », de ne point causer à son lecteur ce « plaisir imposteur et confus que produit surtout le feu de la première, mais cette joie d'ordre supérieur qui naît de l'évidence et de la parfaite clarté ' ». En 17:2:2, après Romulus, il compose une brochure uniquement consacrée à faire valoir la tragédie de son ami. Il ne craint pas d'écrire : « On dit communément ïélégant Racine et le sublime Corneille; quelle épithète donnera-t-on à cet homme-ci, je n'en sais rien; mais il est beau de les avoir méritées toutes les deux 2 ». Après Inès de Castro, il le qualifie « d'homme illustre ». et, s'il n'écrit pas une nouvelle brochure, du moins il consacre toute une feuille du Spectateur, la vingtième, à l'éloge de l'oeuvre nouvelle. En 1751, dans le Miroir, vingt-quatre ans après la mort de La Motte, passant en revue les grands hommes de tous les temps, il accorde à l'auteur de Romutm sinon le pre-