‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 30 sur 345 · Voir Campardoh, ouvrage cité, t. I, p. 21 el · texte numérisé non relu

Voir Campardoh, ouvrage cité, t. I, p. 21 el

2. h'es contemporains leur rendent pleine justice à ce sujet, ainsi Rémond de Saint-Albine, le Comédien. \l\'. Voir Ad. Jullien, Histoire du costume au théâtre, chap. iv el p. ~.l.

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ils louent leurs accessoires et leurs costumes. On pourrait, avec ces registres, écrire un très curieux chapitre d'histoire théâtrale anecdotique.

Depuis leur retour, ils n'employaient que le français '. Mimes excellents, d'une finesse sans rivale, ils suppléaient par la perfection de leur jeu à leur ignorance de notre langue, comptant surtout pour se faire comprendre sur la vivacité et la vérité du geste 2. En cela, comme en tout au théâtre, s'était formé une tradition dont ils profitaient. Il était admis par le

1. La première pièce entièrement française qu'ils représentèrent fut le P or t-à-V Anglais ou les Nouvelles débarquées, comédie en trois actes et en prose, d'Autreau, jouée le 25 avril 1718.

2. Il ne fallait rien moins, toutefois, que ce talent de mimes pour rendre supportable leur débit. Boindin disait à ce sujet : « Flaminia et Sylvia sont celles qui parlent le mieux le français. Pour Violette, comme on a remarqué qu'elle n'en sait pas encore un mot, il est à présumer que cette langue ne lui sera pas de sitôt familière. Lélio la parle à peu près comme un Suisse; Mario se fait entendre à force de tâtonner. Pantalon s'en tient à son langage vénitien, et évite par là une peine, qui, suivant toutes les apparences, serait aussi fatigante pour lui que pour le public. Le Docteur sera un de ceux qui parlera le mieux le français, pour peu qu'il veuille s'y appliquer. Scapin, dit-on, fait son unique étude de cette langue, mais sans y faire un grand progrès; on s'aperçoit seulement qu'il oublie insensiblement la sienne, de sorte qu'avant qu'il soit six mois, on espère qu'il ne saura plus parler ni l'une ni l'autre, et plaise à Dieu que Scaramouche puisse tomber dans le même inconvénient. A l'égard d'Arlequin, il faut qu'il s'en tienne à son bergamasque, jusqu'à ce qu'il se soit rendu intelligible dans notre langue. » Conséquence : « Les auteurs ont soin d'arranger leurs scènes et de distribuer leurs rôles de façon que ce sont ceux qui possèdent le mieux notre langue qui disent les choses les plus nécessaires, pour donner l'intelligence à la pièce. » (Boindin, Quatrième lettre, p. 6 et 8.) — Sauf exception, les Italiens jouaient sous le demi-masque, couvrant la partie supérieure de la figure, du front à la bouche, ce qui rendait leur mimique plus piquante, peut-être, mais à coup sûr plus difficile. Les femmes s'en affranchissaient souvent, on comprend pourquoi. Sur la forme et la disposition de ce masque, voir les gravures du Théâtre de Gherardi et celles de Maurice Sand, dans Masques et Bouffons.

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