‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 9 sur 345 · D'Alembert, p. Cil, n. L · texte numérisé non relu

D'Alembert, p. Cil, n. L

dans leurs œuvres; à plus forte raison ses autres contemporains.

Où donc s'adresser pour retrouver ces menus faits qui servent à reconstituer la physionomie de l'homme et dont la curiosité littéraire est si friande aujourd'hui? Aux sources peu nombreuses où d'Alembert lui-même avait puisé ', aux œuvres de ceux qui avaient pu connaître Marivaux et prononcer son nom par hasard, lui consacrer une ligne, un mot, aux journaux littéraires du temps, aux correspondances, aux almanachs, aux recueils d'anecdotes, enfin aux documents inédits. C'est ce que j'ai fait 2. Je ne me

1. La première étude biographique et littéraire sur Marivaux fut publiée de son vivant, quatre ans avant sa mort, par l'abbé de La Porte, dans V Observateur littéraire de 1759, t. I, p. 73 et suiv. ; elle est assez détaillée, impartiale et généralement judicieuse; après le travail de d'Alembert, c'est la source la plus considérable et la plus sûre de renseignements sur notre auteur. Elle fut reproduite, avec quelques détails nouveaux, en tête de l'édition des Œuvres diverses de Marivaux, publiée en 1765 par le libraire Duchcsne, et de l'édition des Œuvres complètes, publiée en 1781 par la veuve Duchesne. Vint ensuite un Éloge, qui mérite bien peu son titre, dans le Nécrologe des hommes célèbres, de 1764, publié par Palissot : c'est une satire dédaigneuse des œuvres et du caractère de Marivaux. En 1769, un polygraphe aujourd'hui très obscur, Lesbros de la Versane, faisait paraître YEsprit de Marivaux ou Analectes de ses ouvrages, précédé d'un Éloge historique de cet auteur. Ce travail, assez étendu, est un panégyrique sans réserves de l'homme et de l'écrivain; il respire comme une ferveur de reconnaissance; l'auteur a dû connaître particulièrement son modèle et ressentir ses bienfaits; on y trouve de nouveaux renseignements, nombreux et précis, et deux lettres inédites de Marivaux, très intéressantes, adressées sans doute à Lesbros lui-même, bien qu'il ne le dise pas.

C'esl dans ces divers écrits que d'Alembert a puisé les éléments de son Éloge. 11 y a joint, pour les relations de Marivaux avec Fonlenelle, les renseignements contenus dans les Mémoires pour servir à l'histoire de la vie et des ouvrages de M. de Fontenelle, par l'abbé Trublet, 1759, et ce qu'il pouvait savoir par lui-même.

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