‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 95 sur 345 · Journal, t. II, p · texte numérisé non relu

Journal, t. II, p

:;. Par M. Km. Campardon, et publié dans les Comédiens du roi de la troupe italienne, t. 11, p. 9,

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M1' Guillaume Bioché, notaire au Châtelet, par lequel M. Frécot de Lanty, conseiller au Grand Conseil, constitue une rente viagère de 2 800 livres « au sieur Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, de l'Académie française , et à demoiselle Gabrielle-Angélique Anquetin de la Chapelle Saint-Jean, demeurant ensemble rue de Richelieu, paroisse Saint-Eustache ». Cette rente est le revenu à dix pour cent des capitaux versés par eux entre ses mains, montant à 8 000 livres pour Marivaux et 20 000 pour Mlle de Saint-Jean : « Lesdits sieurs de Marivaux et demoiselle de Saint- Jean, dit l'acte, pour se donner des preuves réciproques de l'amitié qu'ils ont dit se porter, se sont, par ces présentes, fait donation pure, simple et irrévocable, en meilleure forme et manière que donation puisse valoir, au survivant d'eux, du droit respectif qu'a ledit survivant de jouir de la totalité de ladite rente viagère. » Si Ton ajoute à cette rente la pension sur la cassette du roi et les droits d'auteurs de Marivaux, on verra qu'en somme il ne vécut pas tout à fait « aux dépens » de Mlle de Saint-Jean, selon l'expression excessive de Collé.

Il dut à cette amitié de sentir moins vivement l'oubli qui se faisait de plus en plus autour de son nom. Depuis sa réception à l'Académie française, il n'avait presque plus écrit et ses rares appels à la curiosité de son ancien public étaient mal accueillis : une petite comédie en un acte, la Dispute, était sifflée au Théâtre-Français !; de même les Acteurs de bonne

1. 19 octobre 1744. Le Mercure (octobre 1744) enregistre, en ces termes ce piteux échec : « Cette nouveauté n'ayant pas été goûtée du public, l'auteur l'a retirée après la première représentation >.. Deux ans après, il est vrai, Marivaux prenait sa revanche avec le Préjuge' vaincu : « Quoiqu'elle eût été bien reçue, fauteur a jugé à propos d'y faire quelques changements, qui ont fait redoubler les applaudissements et l'affluence

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foi '. Quelques articles donnés au Mercure, les meilleurs assurément qui soient sortis de sa plume, passaient inaperçus 2. La plupart avaient déjà été présentés au public, sous forme de lectures, dans les séances de l'Académie 3, et n'avaient reçu que le plus froid accueil 4; une fois même l'inattention fut si marquée, que Marivaux termina brusquement sa lecture avec un mécontentement visible 5. Il avait eu jadis de ces accès d'humeur; on les lui pardonnait, car il les faisait vite oublier, et il ennuyait rarement deux fois de suite. Maintenant il n'y avait plus guère de revanche possible : son heure était passée. Une nouvelle génération littéraire s'emparait de la seconde

des spectateurs. L'auteur ne se nomme point malgré son succès. Quelques personnes ont cru que cet ouvrage était de M. de Marivaux : nous n*éclaircirons pas ce mystère, mais on peut dire qu'on trouve dans cette pièce, la vivacité du dialogue, l'abondance des pensées fines et l'art d'intéresser le spectateur que l'on trouve dans les autres pièces de M. de Marivaux ». {Mercure, août 1746). Le succès de ce petit acte fut pour Marivaux le dernier que, de son vivant, il ait obtenu au théâtre.

I. Si toutefois la pièce a été jamais représentée, ce qui est [dus que douteux (voir ci-après, Appendice).

•2. Voir ci-après rénumération de ces articles, Appendice, et leur appréciation, 4e partie, chap. ni.

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