‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 2)Chapitre 96 sur 345 · Voir ci-après. Appendice · texte numérisé non relu

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i. A l'occasion «le l'une d'elles, un critique du temps déclare à Marivaux qu'il force son talent, ri lui signifie nettement le solve s?nescentem : <• Si ce célèbre et très aimable académicien osait ni'1 croire, il s'en tiendrait à la réputation qu'il s'est justemenl acquise par ses Surprises de l'Autour, par sa M/irianne et -un Paysan pai'venu: niais il est de l'Académie; il l'ani soutenir cette dignité, el il pense le. faire en forçant son génie par des sujets qui lui répugnent : c'est ainsi qu'une jolie femme se trompe tous les jours sur les intérêts les moins délicats «le son amour-propre. Je puis me tromper à mon tour, mais c'est mon avis; tout ce que M. de Marivaux avait à noi.s dire de bon, il nous l'a dit plus d'une fois. •• (Clément, Les cinq années littéraires, 1. 1, p. 187).

:;. D'Alembert, p. 516, n. 1. — D'après Piron {Lettres inédites h l'abbé Dumay, 1884), c'est ;t la réception de Châteaubrùn, en 1753, que lui arriva cette mésaventure.

moitié du siècle : d'Alembert, Diderot, Buffon remplaçaient l'école plus délicate que forte dont Marivaux était le plus aimable esprit; ce « souffle vigoureux de la philosophie », dont parle Grimm, effeuillait les roses légères qui avaient paré la jeunesse du siècle. Les nouveaux venus reprochaient injustement à leur prédécesseur de manquer de sérieux et d'y prétendre en vain : la place n'était plus, disaient-ils, aux aimables diseurs de riens '.

Marivaux se prépara donc avec résignation à mourir dans le silence et la paix. Les croyances religieuses de sa jeunesse le consolèrent ; comme il arrive d'habitude, elles se réveillèrent plus vives aux approches de la fin, et il se donna tout entier à la piété, aux bonnes œuvres, aux lectures édifiantes. Une curieuse histoire, contée par La Place 2, le montre, dans ces dernières années, « avec tout l'esprit et toute la bonne philosophie dont un mortel peutêtre doué », mais « poussant la crédulité sur certaines matières jusqu'au point d'exciter la surprise la mieux fondée ». Un soir d'hiver, il arrivait chez La Place, au sortir de l'Académie, tout transi de froid, « ce qui me surprit d'autant plus, dit Tanecdotier, que je savais de tous les temps combien sa santé lui était chère ». Sur un reproche amical de son hôte, il répondait : « Quels que soient les risques que je brave en sortant par ce temps-ci, je crois, sur des raisons à moi connues, et dont je ne puis douter, n'en avoir rien à craindre de funeste. » Et alors, il racontait l'histoire que voici. Durant sa première jeunesse, il avait eu l'occasion de faire un séjour à Lyon. Un jour, dans un café, il est « frappé par la

i. Voir Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, t. IX, p. 379. 2. Pièces intéressantes, t. II, p. 357 et suiv.

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