‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 156 sur 360 · Le Dénouement imprévu, scène vu · texte numérisé non relu

Le Dénouement imprévu, scène vu

226 l'auteur dramatique.

cette impérieuse personne. Admirez avec quelle douceur, dans Y Epreuve, elle prépare sa fille au mariage : « Approchez, Mademoiselle, approchez; n'êtes-vous pas bien sensible à l'honneur que vous fait monsieur de venir vous épouser malgré votre peu de fortune et la médiocrité de votre état? » Frontin ne peut s'empêcher de remarquer : « Ah! madame Argante, vous avez le dialogue d'une rudesse insoutenable * ». Lorsqu'elle change de nom, elle n'est pas plus aimable. Elle s'appelle Mme Damis dans la Joie imprévue, et voici de quel style elle apostrophe Pasquin qui s'est permis une réflexion : « Vous êtes bien hardi, mon ami, allez, passez votre chemin! Qu'est-ce que cet impertinent-là f? » Dans tout le théâtre de Marivaux, on ne voit guère que trois rôles de mère qui soient à peu près sympathiques : la marquise, mère du petit-maître Rosimond, Mme Amelin qui avoue qu'elle « aime à rire », qu'elle « aime la joie innocente 3 », et Mme Argante, dans la Mère confidente', mais cette dernière est d'un ordre à part et nous la retrouverons.

D'où vient, chez Marivaux, une telle antipathie pour les mères? On a supposé qu'il avait eu à se plaindre de la sienne, et l'on donne pour raison que, dans ses œuvres, il ne la nomme jamais *. Nous verrons plus loin 5 ce qu'il faut penser de cette rancune filiale. En attendant, je verrais plutôt dans cette sévérité une protestation contre le système d'éducation maternelle employé par le xvm° siècle jusqu'à, la révolution salutaire que Rousseau eut le mérite de

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