lbid.} cinquième partie
Mme de Ferval, sous « un air de sagesse et de gravité », avec un soin très attentif de sa réputation de veuve dévote, est en réalité une femme sans mœurs. Habituée sournoise d'une « maison commode, dont une porte de derrière donne dans une rue très peu fréquentée », elle y noue en sûreté des liaisons dont on devine la nature par celle qu'elle ébauche avec Jacob. Celui-ci la rencontre par hasard : « elle le mesure des pieds à la tête », et, immédiatement, lui donne un rendez-vous, où elle l'accueille par ces engageantes paroles : « Voilà vraiment une très jolie figure, mais très jolie! Approchez, mon cher enfant, approchez; prenez un siège et mettez-vous là; mais cette taille ! comme elle est bien prise ! cette tête ! ces cheveux! en vérité, il est trop beau pour un homme; la jambe parfaite avec cela; il faut apprendre à danser, n'y manquez pas; asseyez-vous !. » L'entretien est interrompu juste à temps. Une autre fois, la situation est encore plus hardie : un jaloux survient et, au moment où le récit s'arrête, Mme de Ferval pour éviter un scandale, va laisser prendre au fâcheux ce qu'elle offrait à Jacob *.
Quant à Mme de Fécour, elle ne songe nullement à couvrir ses désordres de mystère hypocrite. Son portrait dit assez comment elle procède : « Elle ne pensait jamais à donner de l'amour, mais elle était sujette à en prendre. Ce n'était jamais elle qui s'avisait de plaire, c'était toujours à elle que l'on plaisait. Les autres femmes, en vous regardant, vous disent finement : Aimez-moi pour ma gloire ; celle-ci vous disait naturellement : Je vous aime, le voulez- vous bien? et elle aurait oublié de vous demander,: M'aimez- vous?
J. Le Paysan parvenu, troisième et quatrième partie. 2. Ibid„ cinquième partie.