Ed. Fournier, Notice, p
18 mai 1716; le 18 juin suivant, il venait à l'hôtel de Bourgogne. Depuis, il les appelait souvent à la cour, et, comme ils n'étaient pas pensionnaires du roi, il leur attribua, par décision du 20 mars 1718, une somme de 400 livres pour chaque représentation donnée à la cour. Ces faveurs leur seront continuées : en 1723, après la mort du Régent, ils obtiendront le titre de comédiens ordinaires du roi, avec une pension de 15 000 livres et passeront sous l'autorité des premiers gentilshommes de la Chambre '.
Ils avaient grand besoin de ces largesses, car, pendant leurs premières années, ils furent très besogneux et menèrent une existence fort précaire ; ils ne subsistaient qu'à force d'économie et d'habileté. On suit jour par jour leurs embarras et leurs expédients dans leurs registres de comptabilité, malheureusement incomplets, conservés aux archives de l'Opéra. Chaque soir, non seulement les recettes et les dépenses de la représentation, mais l'état général de la caisse sociale, excédent ou déficit — celui-ci, à l'origine, beaucoup plus fréquent que celui-là — est arrêté par le plus exact des caissiers, Romagnesi. La nécessité de balancer les comptes passe avant tout : il y a telle soirée où, malgré une brillante recette, chaque sociétaire — ils sont douze à l'origine, puis quinze — ne touche que cinq livres, d'autres fois rien, la plus grosse part étant consacrée à l'arriéré. Et cependant, à force de zèle, ils font bonne figure devant le public. Au contraire des Français, ils soignent de leur mieux la mise en scène, les décors, les divertissements en musique *. Quand ils n'ont pas de quoi les acheter,