Le Cabinet du Philosophe, cinquième feuille
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religieuses. Non seulement il ne doutait pas, niais il se reprochait de négliger ses devoirs. Je serais lente de considérer comme une déclaration personnelle cette profession de foi qu'il met dans la bouche d'une de ses héroïnes :
A Dieu ne plaise qu'on me soupçonne d'avoir, un seul instant de ma vie, douté de ce que nous dit cette religion! Oh! y a-t-il quelqu'un parmi nous qui puisse douter de la vérité de sa religion? L'esprit pourrait-il s'égarer jusquelà?... Non, je ne l'imagine pas. Eh! s'il y a même des impies, qu'ils fassent les incrédules là-dessus tant qu'ils voudront, mais qu'ils ne se flattent pas de l'être, car ils se trompent, et confondent les choses. Qu'ils s'examinent bien sérieusement;... je leur assure qu'ils ne trouveront en eux qu'un profond oubli de Dieu, qu'un violent dégoût pour tout ce qui peut les gêner dans leur libertinage, et qu'une malheureuse habitude de vivre à cet égard sans réflexion. C'est tout cela qu'ils prennent pour de l'incrédulité ; il ne peut pas y en avoir d'autre *.
Celle qui tient ce langage, la coquette corrigée, est ramenée aux pratiques de la vie pieuse par la pensée de la mort. Elle a vu? mourir une de ses amies et, depuis ce jour, elle ne cesse de penser au terrible moment qui doit arriver pour elle dans un avenir assez prochain. Il semble que cette pensée, qui est d'un si grand secours en matière de foi, se soit souvent présentée avec force à l'esprit de Marivaux luimême. A plusieurs reprises, en effet, il a fait mourir des personnages de ses romans ou de ses fictions morales, et toujours il a su rendre ces tristes spectacles avec une grandeur, une force, une sorte de poésie funèbre d'un puissant effet *. Ici, notamment,