‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 315 sur 360 · L'Iliade travestie, livre V · texte numérisé non relu

L'Iliade travestie, livre V

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Or ça, reprit le roi de Troie, Tenez, voilà de la monnoie, Et rendez-moi mon Gis Hector, Que je n'ose dire être mort.

Tel que me voit là Votre Altesse, Si je vous parle avec bassesse, La faute en est au seul destin, Qui me laisse à peine du pain.

Je n'eusse avant votre arrivée Jamais fait pareille corvée.

L'indignation des « homéristes » fut vive ; le public, au contraire, témoigna une indifférence plus pénible pour un auteur que la plus violente indignation.

Plus tard, Marivaux sembla, sinon venir à résipiscence, du moins apprécier avec plus de bons sens les Anciens eux-mêmes et la querelle dont ils étaient l'objet. Tout en maintenant jusqu'au bout ses réserves sur le culte qu'on leur rendait, il reconnaissait leurs qualités. Il leur trouvait « une simplicité noble », « un caractère ingénieux et fin ». Il recommandait au jeune homme qui veut écrire, non pas de les imiter, mais de « se nourrir l'esprit de tout ce qu'il leur sent de bon * ». A la fin de sa carrière, il est tout à fait juste h leur égard. Dans le Miroir, à peine s'il laisse percer encore sa vieille rancune contre Homère; il déclare qu'il ne le juge point, « parce qu'il n'en est pas digne, attendu qu'il ne l'a lu qu'en français, et que ce n'est pas là le connaître » ; avouant du reste que le vieux poète « est le premier de tous », et qu'il « aurait bien de la peine à ne pas l'être, attendu qu'il est Grec et le plus

1. L'Iliade travestie, liv. XII. — On peut appliquer à de tels passages cette réflexion justement sévère de M. Fournel au sujet d'un passage analogue du Virgile travesti : « Cette plaisanterie révolte comme une cruauté et une profanation.... Il nous semble qu'on ne peut se jouer ici du poète sans se jouer aussi des sentiments qu'il a exprimés. » (La Littérature indépendante, p. 324.)

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