‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 32 sur 360 · Page · texte numérisé non relu

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Quand on versifie à l'honneur de quelqu'un, le jour de sa fête, on le loue, on célèbre ses bonnes qualilés :

C'est d'ordinaire son portrait, Qu'en pareille aventure on fait

Mais, à faire un portrait de l'espèce du vôtre,

11 y va, ma foi, trop du nôtre :

A mon original je ne me fierais pas !

Le moyen avec lui que le peintre badine? Il n'offre qu'un tissu de grâces et d'appas, Et, le fripon qu'il est, il a toute la mine, De ne marchander pas celui qui l'examine.

Or, voyez le bel embarras,

Lorsque, pour prix de mon ouvrage,

J'aurai perdu ma liberté!

Lorsque, en vous regardant, mon cœur m'aura quitté,

Et qu'il ira vous rendre hommage!

Le vôtre me paraît manquer de charité.

Jamais il ne voudra, je gage,

Lui donner l'hospitalité.

Ce n'est pourtant pas que je sois fort jaloux de ma liberté ; le plaisir de la garder n'est pas si grand ; et plût au ciel l'avoir perdue avec vous, si vous étiez bien aise de l'avoir trouvée !

Mais qu'à vos cruautés j'aille exposer mon cœur! Je suis en vérité votre humble serviteur *.

À partir du succès de la Surprise de V Amour, Marivaux poursuit jusqu'en 1746 sa carrière dramatique; son théâtre contient trente -deux pièces, toutes représentées, sauf deux. Il n'est pas toujours heureux, bien s'en faut : beaucoup de ses comédies échouent; les plus travaillées n'ont souvent qu'un demi-succès et à peine quelques représentations, comme le Dénouement imprévu * et les Serments

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