‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 85 sur 360 · Registres de l'Académie française · texte numérisé non relu

Registres de l'Académie française

3. Cet homme, qui avait tant aimé le bruit et l'éclat, fut puni par où il avait péché; il avait tellement lassé l'attention et la

On devine les sentiments du récipiendaire en s'entendant traiter de la sorte : « Nous savons de M. de Marivaux lui-même, dit d'Alembert, qu'il fut sur le point de demander publiquement justice à l'Académie et à l'assemblée d'une leçon, qui pouvait être juste, mais qui, par la circonstance et par la forme, n'était pas à ce moment fort à sa place '. » L'attitude du public empêcha heureusement ce petit scandale ; loin de marquer son approbation au directeur, il couvrit de risée le passage relatif aux romans de Marivaux. Le policier écrivait : « Pour le discours de M. l'archevêque de Sens% il a assommé l'assemblée; il a été d'une longueur d'autant plus ennuyeuse que rien de fin n'en a diminué le cours. Sans le respect dû au lieu et à l'assemblée, il n'y a pas de doute qu'il n'eût été interrompu; mais les longs éclats de rire dont on a honoré sa mercuriale à M. de Marivaux sur son Paysan parvenu ont dû lui faire comprendre ce qu'on pensait de lui. Rien de plus singulier ne s'est jamais passé à l'Académie. » Il ajoutait le lendemain : « Le discours de M. l'archevêque de Sens est l'objet de. la raillerie publique. Ce prélat trouve très peu de défenseurs f. » Le duc de Luynes, toujours respectueux des gens constitués en dignité, est cependant obligé de reconnaître que ce discours « fut trouvé trop dogmatique et trop long3 ».

Il est heureux que nous ayons les témoignages de ces deux témoins oculaires, dignes de foi l'un et l'autre, malgré l'extrême différence de leurs conditions, car le compte rendu de la séance, rédigé par l'abbé

patience, que Buflbn, son successeur h l'Académie, crut pouvoir ne faire aucune mention de lui dans son discours de réception.

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