‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents; (volume 3)Chapitre 97 sur 360 · Journal, t. H, p · texte numérisé non relu

Journal, t. H, p

3. Par M. Em. Gam pardon, et publié dans les Comédiens du roi de la troupe italienne, t. II, p. 9.

M* Guillaume Bioché, notaire au Chàtelet, par lequel M. Frécot de Lanty, conseiller au Grand Conseil, constitue une rente viagère de 2 800 livres « au sieur Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, de l'Académie française , et à demoiselle Gabrielle-Angélique Anquetin de la Chapelle Saint-Jean, demeurant ensemble rue de Richelieu, paroisse Saint-Eustache ». Cette rente est le revenu à dix pour cent des capitaux versés par eux entre ses mains, montant à 8 000 livres pour Marivaux et 20000 pour Mlle dé Saint-Jean : « Lesdits sieurs de Marivaux et demoiselle de Saint- Jean, dit l'acte, pour se donner des preuves réciproques de l'amitié qu'ils ont dit se porter, se sont, par ces présentes, fait donation pure, simple et irrévocable, en meilleure forme et manière que donation puisse valoir, au survivant d'eux, du droit respectif qu'a ledit survivant de jouir de la totalité de ladite rente viagère. » Si l'on ajoute à cette rente la pension sur la cassette du roi et les droits d'auteurs de Marivaux, on verra qu'en somme il ne vécut pas tout à fait « aux dépens » de Mlle de Saint-Jean, selon l'expression excessive de Collé.

Il dut à cette amitié de sentir moins vivement l'oubli qui se faisait de plus en plus autour de son nom. Depuis sa réception à l'Académie française, il n'avait presque plus écrit et ses rares appels à la curiosité de son ancien public étaient mal accueillis : une petite comédie en un acte, la Dispute, était sifflée au Théâtre-Français ! ; de même les Acteurs de bonne

1. 19 octobre 1744. Le Mercure (octobre 1744) enregistre en ces termes ce piteux échec : « Cette nouveauté n'ayant pas été goûtée du public, l'auteur l'a retirée après la première représentation ». Deux ans après, il est vrai, Marivaux prenait sa revanche avec le Préjugé vaincu : « Quoiqu'elle eût été bien reçue, l'auteur a jugé à propos d'y faire quelques changements, qui ont fait redoubler les applaudissements et l'affluence

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