MARIVAUX A L'ACADÉMIE
foi l. Quelques articles donnés au Mercure, les meilleurs assurément qui soient sortis de sa plume, passaient inaperçus *. La plupart avaient déjà été présentés au public, sous forme de lectures, dans les séances de l'Académie *, et n'avaient reçu que le plus froid accueil4; une fois même l'inattention fut si marquée, que Marivaux termina brusquement sa lecture avec un mécontentement visible B. Il avait eu jadis de ces accès d'humeur; on les lui pardonnait, car il les faisait vite oublier, et il ennuyait rarement deux fois de suite. Maintenant il n'y avait plus guère de revanche possible : son heure était passée. Une nouvelle génération littéraire s'emparait de la seconde
des spectateurs. L'auteur ne se nomme point malgré son succès. Quelques personnes ont cru que cet ouvrage était de M. de Marivaux : nous n'éclaircirons pas ce mystère, mais on peut dire qu'on trouve dans cette pièce la vivacité du dialogue, l'abondance des pensées fines et l'art d'intéresser le spectateur que Ton trouve dans les autres pièces de M. de Marivaux ». (Mercure, août 1746). Le succès de ce petit acte fut pour Marivaux le dernier que, de son vivant, il ait obtenu au théâtre. 4. Si toutefois la pièce a été jamais représentée, ce qui est plus que douteux (voir ci-après, Appendice).
2. Voir ci-après rénumération de ces articles, Appendice, et leur appréciation, 4e partie, chap. m.