DE LA NOUVELLE EDITION
Sous sa première forme, le présent livre était très long; en l'allégeant de notes, enserrant mes analyses et en supprimant tout ce qui était de pure érudition ou de simple curiosité, je l'ai réduit de près d'un tiers. J'espère, cependant, n'en avoir rien enlevé de vraiment utile au sujet. J'avais alors à plaider pour Marivaux sur bien des points où il est absous aujourd'hui; ainsi plusieurs de mes preuves, autrefois nécessaires, devenaient inutiles. En outre, j'ai pu me rendre compte, à distance, que j'avais trop cédé au désir naturel chez un débutant de dire tout ce qu'il sait, à la complaisance d'un critique pour son auteur, à la déférence d'un jeune homme pour ses devanciers. J'ai soumis le fond et la forme de mon travail à une revision attentive; pourtant j'ai résisté à la tentation de le récrire. Un livre doit porter sa date; à vouloir trop se corriger dans le passé, on risque de gâter ce que