‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 114 sur 346 · D'Alembert, p. u · texte numérisé non relu

D'Alembert, p. u

2. « Chicanes de cœur ". dit Sainlo-Beuvc (Causeries du Lundi, t. IX, p. 371) et aussi chicanes de mots. Ils n'aiinont rien lanl qu'ergoter sur les termes, avec une sorte de pédantisme sémillanl. — Ainsi : <■ la comtesse. Fiez-vous à moi, je suis généreuse, je vous ferai peut-être grâce. — le ciievalieh. Rayez le peut-être; ce que vous dites en sera j)lus doux. — LA COMTESSE. Laissons-lc ; il n'est peut-être là que par bienséance. — LE ciiicvALiEH. Le voilii un \^^'u mieux [dacé, par exemple. — la comtesse. C'est (|ue j'ai voulu vous l'accomnuxh'r avec lui. ■• (Jm Fausse Suivante, II, viii.) El encore : ■• haaus. .le n'en sais rien ; ncius verrons. — lucile. Le i)rcnez-vous sur ce

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vaux en cherche, dans les replis du ca-ur, le germe imperceptible : « J"ai gaetté, disait-il, dans le cœur humain, toutes les niches dilïérentes où peut se cacher l'amour, lorsqu'il craint de se montrer, et chacune de mes comédies a pour objet de le faire sortir d'une de ces niches ^ » Dire que cette manière de représenter l'amour était entièrement neuve, ce serait exagérer. Marivaux le croyait, mais, s"il est un sentiment où la littérature ne puisse plus, et depuis longtemps, se flatter de faire des découvertes, c'est bien celui-là. Dans Molière, dont il voulait s'éloigner, se trouve tout au moins en germe et à l'état d'indication un amour à la Marivaux; il y a, dans les Amants magnifiques^ un Clitidas et une Ériphyle qui ne sont pas sans analogie avec le Dubois et l'Araminte des Fausses confidences . Mais cette ressemblance est, somme toute, assez lointaine pour qu'il n'y ait pas lieu de contester à Marivaux le mérite de nouveauté auquel il tenait tant.

Tantôt cet amour sournois manœuvre pour s'éclairer, jusqu'au moment où, ne pouvant plus feindre ni avec lui-même, ni avec autrui, il termine par un aveu désespéré un malentendu qu'il prolongeait sans le savoir : ici les deux amants luttaient et contre eux-mêmes et l'un contre l'autre; ils déguisaient leur cœur, leur langage, jusqu'à leur condition et leur costume ^ Ailleurs, craignant de blesser par un aveu

ton-là, monsieur? Oh! j'en dirai bien autant: je n'en sais rien, et nous verrons. — damis. Mais oui, madame, nous verrons; je n'y sache que cela moi. Que puis-je répondre de mieux"? — LuciLE. Quelque chose de plus net, de plus positif, de plus clair; nous verrons ne signifie rien. >- {Les Serments indiscrets, II, viii). — Et, dans le même scène : ■• Voudriez-vous bien supprimer votre rjiii est-ce '/tti croira, qui n'est pas de mon goût? >• Etc.

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