‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 123 sur 346 · Voir ci-dessus, p. 4G · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 4G

effort. Ailleurs, dans les Serments indiscrets, la pièce est finie avec le troisième acte ; Marivaux cependant trouve moyen de prolonger durant deux actes encore un malentendu dont il a tiré tout ce qu'il contenait; ici le tîl dont nous parlions tout à l'heure est décidément rompu, et l'auteur le rattache maladroitement. Dans plusieurs autres pièces ce parti-pris est moins visible; on le découvre toutefois : un mot ambigu saisi au vol, un brusque dépit, une réllexion mal interprétée, autant de prétextes pour repartir sur nouveaux frais ; mais il y a trop de petits détails expliqués, interprétés, tourmentés; c'est du « tatillonnage ' » fatigant et Ton trouve juste cette réflexion maligne que Marivaux inspirait à une femme d'esprit : « C'est un homme qui se fatigue et qui me fatigue moi-môme, en me faisant faire cent lieues avec lui sur une feuille de parquet ^. »

On ne saurait nier que Marivaux ne justifie souvent cette boutade ; toutefois, chez les modèles qu'il étudiait, dans les conversations dont il était l'écho fidèle, les choses se passaient-elles autrement? L'échange des sentiments les plus naturels n'était-il pas un tissu de réticences, de sous-entendus, de petites finesses prolongées à dessein? Si.on lui accorde cette prétention, à laquelle il tenait tant, d'être le peintre

Page 1