‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 14 sur 346 · Charles Perrault, Mémoires, p. 20 et suiv · texte numérisé non relu

Charles Perrault, Mémoires, p. 20 et suiv

2. Il fait cet aveu dans son Spectateur français (septième feuille) : « Si c'est une traduction du grec et qu'elle m'ennuie, je penche à croire que l'auteur y a perdu; si c'est du latin, comme je le sais, je me livre sans façon au dégoût ou au plaisir qu'il me donne. » Il savait, en effet, assez de latin pour citer du Juvénal dans la conversation; voir ci-après, p. 71.

3. <i Son père était d'une famille ancienne dans le Parlement de Normandie » (Lesbros, p. S), « descendue de la robe à la finance », ajoute d'Alembert (p. 577). Le nom patronymique

honorable exception à une règle trop générale : il n'eut aucune poursuite à redouter lorsque, sous la Régence, la fameuse Chambre de justice instituée contre les traitants en obligea beaucoup à rendre gorge et les marqua presque tous d'une flétrissure morale. Dans le milieu oii son père vivait en honnête homme, le futur auteur du Triomphe de Pluius puisa une profonde connaissance des gens de iinance, et un mépris qui se laisse voir en plusieurs passages de ses œuvres.

C'est le hasard qui lui indiqua sa voie en provo-

était Carlet; comme la robe anoblissait, celui de Chamblain s'y ajouta. Mais, dit Edouard Fournier {Notice, p. 2), « le nom de Chamblain se trouva malheureusement pris aussi par d'autres, et dans ce monde de financiers, qui pis est. Il y eut alors, outre notre Carlet de Chamblain, un François de Chamblain, un BuUettc de Chamblain, etc. {Vie privée de Louis XV, 1781, t. I, p. 176, 185, 186.) C'était trop, d'autant que, ces derniers Chamblain n'étant pas des mieux vus, il importait de ne pas être confondu avec eux.. . C'est, sans nul doute, pour parer à cette confusion, et afin de couvrir son premier nom d'empr\uit, (\m ne le distinguait plus assez, que M. de Carlet en emprunta un second. »

Aucun des trois noms de Marivaux ne figure ni <lans VArynorial qènéral de la France de d'Hozier, ni dans le Dictionnaire de la noblesse de La Chesnaye des Bois, ni dans le Nobiliaire de Normandie de M. E. de Magny. J'aurais voulu retrouver dans les registres du Parlement de Normandie, les traces de la famille de Marivaux; mais les recherches que M. Maurice (l'Acher de Montgascon a bien voulu faire pour moi dans cette intention n'ont donné aucun résultat. D'autre part, M. Floquet ne cite nulle part ce nom dans son Histoire du Parlement de Normandie. — Marivaux ne semble avoir eu aucun lien de parenté avec les seigneurs de Marivaux (ou Marivaulx), branche de l'illustre maison de l'Isle-Adam, dont faisait sans doute parlie l'oflicier aux gardes françaises dont il sera <[uestion ci-aiirés.

Dans les rares autographes (pie l'on a de lui, notre auteur signe « De Marivaux ». Son épître dédicatoire au duc de Noailles, imprimée en tète de VIliade travestie, est signée « Carlet de Marivaux »: celle de la seconde Surpi-ise de l'Amour, à la duchesse du Maine. » De Marivaux »; de même une lettre de réclamation au Mercure dont il va être parlé.

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