‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 174 sur 346 · l^c Triomphe de Plutus, scèno xviii · texte numérisé non relu

l^c Triomphe de Plutus, scèno xviii

1. I/jid., scène vi. — On peut rapprocher de la pièce de Marivaux une mythologie du même f;enre, VAmour charlatan, (|ue Dancourt lit représenter le .'i août 1710 et où Plulusjtiuc un rôle semblable.

:i. Voir sur cette délicate question des rapports de l'art et de la morah;, l'ingi'nieuse étude de M. Marllia, la Moralité dans l'arl, dans la llerue des Deux Mondes du 15 avril 18TJ.

MARIVAUX ET FENELON. 243

offrant un agréable mélange d'indulgence et de sévérité, à peu près exemptes de préciosité, les deux pièces que je viens d'analyser offrent une singulière ressemblance avec ces Dialogues des morts de Fénelon, dans lesquels une morale insinuante se dégage d'ellemême des propos échangés. Si l'ingénieux prélat avait pu traiter des sujets aussi profanes qu'une querelle entre Cupidon et l'Amour, ou une rivalité entre Apollon et Plutus, il n'eût pas désavoué bien des pages où Marivaux semble lui avoir dérobé son style limpide et son ironie souriante.

Une autre pièce de Marivaux, Félkie, ressemble à la Réunion des Amow's et au Triomphe de Plulus par la simplicité de l'intrigue, la pureté de l'intention morale, et aussi l'absence d'intérêt dramatique. Elle s'en distingue en ce que, cette fois, la féerie se mêle à la mythologie. Dans un pays enchanté, vit une jeune fille, Félicie, qu'une bonne fée a parée de tous les dons. Félicie n'a qu'un défaut, « l'envie de plaire », c'est-à-dire la coquetterie. En vain la Modestie, en vain la Vertu, sous les traits de Diane, s'efforcent de lui prouver que, sans la réserve et la pudeur, les dons les plus heureux sont autant de dangers : il faut que l'expérience d'une passion, arrêtée juste à temps par le pouvoir de la fée, instruise et corrige la jeune coquette. Avec un tel sujet, Marivaux a moins écrit une comédie mythologique qu'une sorte de moralité. La pièce plaît à la lecture pour l'agrément du dialogue; on l'eût sans doute moins goûtée à la scène. Aussi l'auteur ne l'y a-t-il point présentée '.

Llle des Esclaves est encore consacrée au développement d'une idée philosophique; mais, outre l'in-

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