Ibid., scène v
252 I. AUTEUR DHAMAÏinUE.
ça soutient un ménage*. » Biaise ferait un excellent gentilhomme, mais, néant de ses rêves, un instant Tavait enrichi, un instant va le ruiner. On lui annonce tout à coup que le dépositaire de sa fortune a fait banqueroute; le chevalier et Mme Daniis décampent prestement, tandis que nouvelle Perrette, Claudine s'écrie : « Vlà bien des écpiipages chus et des casaques de reste. » Biaise est plus philosophe : « Moi je pense qu'il y a encore du vin dans le pot et que j "allons boire ^.
Ces satires et d'autres semblables se retrouvent chez la plupart des auteurs dramatiques contemporains de Marivaux; il n'est guère plus agressif que d'AUainval, Destouches ou Gresset, mais, dans une curieuse pièce, la Nouvelle Colonie ou la Ligue des Femmes^ il dépasse de beaucoup ses contemporains.
Il est aisé de voir par l'ensemble des œuvres de Marivaux qu'il est très favorable aux femmes. Non seulement il les traite toujours avec galanterie, même lorsqu'il les raille, et seul leur donne au théâtre la première place jusqu'alors réservée aux hommes ^,
\. L'Uériliev du Village, scène vi.
2. L'Héritier de Village fui une des pièces de Marivaux les plus mal accueillies du public. Jouée, sans nom d'auteur, devant une salle à peu près vide, elle n'eut que six représentations, et le Mercure n'en rendit même pas compte. Plus tard, les comédiens essayèrent de la reprendre au retour d'un voyage à Fontainebleau (Desboulmiers, t. II, p. 413); elle n'eut pas plus de succès. La pièce, cependant, est amusante, originale, et parait fort soignée. En Allemagne, elle obtint un vif succès avec la traduction de Kriegern, et Lcssing en parle avec un véritable enthousiasme dans la Dramaturgie de Hambourg, trente-troisième soirée (traduct. Ed. de Suckau et L. Crouslé, p. 137).— On a vu plus haut que d'AUainval avait imité l'Hérilierde 1 '/ Ww . 7e ; Picard en a tiré l'idée principale de sa comédie des Marionnettes.