‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 259 sur 346 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LES KINANCIEnS. — UN MENAGE DANS LA FINANCE. LE FIINANCIEH

impitoyable; le financier bonhomme. — LE MINISTRE : LE CAR- DINAL DE FLEUKY. — PORTÉE HISTORIQUE DES ROMANS DE MARIVAUX.

Après les faux dévots, les gens de finance tiennent la première place dans les antipathies de Marivaux. On a vu comment il les traitait dans son théâtre; il leur est encore plus hostile dans ses romans. Ici même, dégagée du voile mythologique, la satire est plus directe et plus sévère. Le financier n'est plus seulement, comme dans le Iriomphe de Plutus, un bonhomme épais et grossier, d'une lourde insolence, mais, en somme, pas trop méchant; c'est un être brutal, féroce, d'une corruption qui inspire la colère et le dégoût. Par une sorte de dédaigneuse condescendance, Marivaux accorde qu'il puisse sul)sistcr encore dans l'espèce, à titre d'exception, un peu d'iiumanité, mais toujours gâtée par des vices indélébiles '.

Jacob, arrivant à Paris, entre en condition chi'z un de ces linanciers el nous représenter la maison

1. En cela, il allait trop loin, il y avait d'honnêtes gens parmi les financiers, même des âmes délicates, à preuve Helvétiiis; il y avait aussi des gens de goût et d'esprit. Pour ceux du xviii" siècle, voir I']. Berlin, les Mariages et la Sociélé fraiiçaise, livre V, et Delnliante, mie Famille de finance au siècle dernier.

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