Ibid., quatrième partie
Ne saurait-il donc y avoii* chez celte espèce d'hommes un atome de bonté, une velléité d'humeur compatissante? Marivaux accorde que, par exception, un iinancier peut n'être pas un méchant homme. Mais alors, quelle bonté sans délicatesse, sans bonne humeur, sans chaleur afï'ectueuse! Dans le cabinet de M. de Fécour, il y avait un (( gros petit homme », lourd, brusque, bredouilleur, « qui, de quatre mots qu'il disait, en culbutait la moitié », commun et borné d'esprit. Celui-là s'appelle M. Bono; Mme d'Orville l'a intéressé; il la suit : « Eh bien! lui dit-il, qu'est-ce que c'est? Vous êtes donc bien triste, pauvre jeune femme?... Le mari, quelle espèce d'homme est-ce? D'où vient donc qu'il est si souvent malade? Est-ce qu'il est vieux? N'y a-t-il pas un peu de débauche dans son fait? » Et, après un interrogatoire conduit jusqu'au bout avec cette lourdeur indiscrète et blessante, il promet de s'occuper de l'employé malade, et l'on prévoit qu'il tiendra parole ^
Nous avons suivi avec Marivaux tous les degrés de la hiérarchie sociale, depuis le peuple juscju'à l'aristocratie de naissance et d'argent. Pour (jue la revue soit complète, il ne reste plus qu'à franchii- le seuil du ministère, à voir dt^ près les rouages politiques de la société dont nous connaissons les moMirs. Le romancier nous introduit donc dans le cabinet du premier ministre. Jusqu'à présent il a été sévère pour les divers mondes qu'il a traversés, ou plut(H il n'a cherché nullement à dissimuler leurs vices. Cette sévérité va-t-elle s'exercer encore en matière politique? Un moment on ])ourrait le croii'e. Pour celte visite, Marivaux prend prélexti^ d'uiu> lettre de ca"liet (jui menace Marianne. Selon son liahi-