I. Voir ci-aiirès, p
MAHIVAUX ET VAUVENARGUES. 407
son observation, en un mot plus cratiachement à son œuvre eussent suffi. C'est pour avoir eu ce qui manquait à Marivaux, qu'un de ses contemporains. Vauvenargues, obtint l'honneur que Marivaux laissait échapper par sa faute. Au demeurant, Marivaux et Vauvenargues étaient de la même famille de penseurs; ils cherchaient la solution des mêmes problèmes; ils envisageaient bien des choses sous les mêmes points de vue. Sans chercher le paradoxe, on peut trouver entre ces deux contemporains une ressemblance qui n'a pas encore été relevée.
Au premier abord, les contrastes seuls sautent aux yeux. D'abord le caractère et l'existence. Vauvenargues ne prononce pas une seule fois dans ses œuvres le nom de Marivaux. Il n'aimait ni le genre d'esprit de Marivaux et de ses amis*, ni les salons, ni la conversation ^, ni la société des femmes ^, ni la comédie italiennes ni les romans ^; il aimait, au contraire, la simplicité, le naturel, il avait la haine du raffiné et du précieux. Enfin, il était trop l'ami de Voltaire et de Marmontel pour rechercher un écrivain si antipathique à Marmontel et à Voltaire.
Cependant, ces deux hommes étaient faits pour s'aimer s'ils avaient pu se connaître; Marivaux avait des qualités privées d'un ordre supérieur, de celles
1. Il se moque (Essais sur quelques caractères, 69, Œuvres, édit. Gilbert, p. 352) de ceux qui « font tort aux lettres » par des admirations à faux, comme celle « des vers de La Motte » ; tout en louant Fontenelle pour certaines de ses idées, il le discute assez souvent.
2. Voir, dans les Fragments (OEianes inédites, p. Go), un morceau très significatif Sur les conversations du inonde.