Réflexions et maximes, 63", Œuvres, p
5. Voir la septième des Réflexions sur divers sujets (Œuvres, p. 70), très sévère pour les romans.
que Vauvenargues aimait; et il était aussi digne que Voltaire et Marmontel d'appréciei" le noble caractère de Vauvenargues, ce « philosophe ingénu », candide, fier, serein dans la tristesse, héroïque avec simplicité. Il eut ressenti dans son commerce ce que ressentaient tous ceux qui le voyaient d'un peu près, le respect pour sa personne, l'admiration pour son talent. De son cùté, Vauvenargues fût certainement revenu de ses préventions. D'abord, seuls parmi leurs contemporains, dans la première moitié de leur siècle, ils avaient conservé tous deux le souci de doctrines et de recherches dédaignées, niées, combattues autour d'eux. En dépit de l'amitié qui l'unissait à Mme de Tencin, à Fontenelle, à Helvétius, Marivaux mériterait qu'on lui appliquât ce que Villemain a dit de Vauvenargues : lui aussi, dans ses œuvres morales, « était très loin de cet épicuréisme qui, avec toutes les variantes de grâce frivole et de sécheresse dogmatique, d'indifTérence et de cynisme, de froid calcul et d'exaltation sensuelle, de prudence ou d'emportement, est la marque uniforme du xviii" siècle depuis Fontenelle jusqu'à Mirabeau ' ». Il est seul, avec Vauvenargues, à méditer avec respect sur le bien et le mal, l'àmc, la religion, l'espérance d'une autre vie, les faiblesses et les grandeurs de Ihomme, la corruption des nururs et h^s remèdes qui pourraienl la gu(M-ir (ui rallciiucr. il est seul avec lui, au moment où l'esprit scienlitique va triompher, où les vérités mathématiques sont l'objet d'une préférence de plus eu jilus marquée, à soutenir que les vérités morales ne sont ni moins certaines, ni moins fécondes; tous deux les dégagent, les épurent, et les doniicnl pour bul à la philosophie dévoyée.