‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 290 sur 346 · I. Le S/ieclatew français, scizièiin' ffiiillc · texte numérisé non relu

I. Le S/ieclatew français, scizièiin' ffiiillc

dame », mais un jeune homme bien doué par la nature ne saurait y résister. Celui dont il parle craint plus ces affectueuses remontrances que tous les châtiments :

Je pleurais de tout mon cœur alors, je lui promettais en l'embrassant de ne lui plus donner le moindre chagrin, et je tenais parole; je me serais même fait un scrupule de la tromper, quand je l'aurais pu. Ce mélange touchant de bonté et de plaintes, cette douleur attendrissante qu'elle me témoignait quand je faisais mal, me suivaient partout; c'était une scène que je ne pouvais me résoudre à voir recommencer '.

Tout en rendant justice aux femmes, en défendant leurs droits, en protestant contre le despotisme qui pesait sur elles, en indiquant le rôle qu'elles devraient avoir dans la famille, Marivaux ne se fait pas scrupule de relever quelques-uns de leurs défauts. C'est, naturellement, la coquetterie qui fournit la plus ample matière à ses observations. Il pouvait bien tout à l'heure l'excuser par l'examen des causes qui l'entretiennent; il ne la méconnaît pas. A ses yeux, quelles que puissent être les qualités et la vertu des femmes, la coquetterie n'y perd rien, car elle est le fonds de leur nature :

Les femmes, dit-il, ont un sentiment de coquetterie qui ne désempare jamais de leur âme; il est violent dans les occasions d'éclat, quelquefois tranquille dans les indifférentes; mais toujours présent, toujours sur le qui-vive; c'est, en un mot, le mouvement perpétuel de leur âme; c'est le feu sacré qui ne s'éteint jamais. Une femme veut toujours plaire, sans le vouloir par une réflexion expresse; la nature a mis ce sentiment chez elle à l'abri de la rétlexion et de l'oubli. Une femme qui n'est pas coquette est une femme qui a cessé d'être -.

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