THÉORIES POLITIQUES
n'ont que Dieu ijour inailre; ils n'uhéissent qu'à lui, même en obéissant aux lioniiues. C'est toujours Dieu qu'ils voient dans chaque homme auquel Dieu veut qu'ils soient soumis; c'est toujours lui qu'ils servent. Aussi n'y a-t-il point de serviteurs ni plus lidèles ni plus sfirs. Les rois de la terre, il doit être permis de leur dire, n'ont point de meilleurs sujets que ceux qui sont soumis seulement au maître des rois mêmes '.
Marivaux s'inspire ici de la pure doctrine de l'Écriture : Non est poiestas i^isi a Deo '-. En matière politique, cependant, il se garde bien de pousser aussi loin que Bossuet les principes tirés des livres saints. Nulle part il n'a expressément développé de théories sur le gouvernement des sociétés; mais il laisse voir ses opinions en plusieurs passages de ses œuvres morales. Dans ses premiers écrits, il est franchement monarchiste, comme ses contemporains, du reste, car le principe même du gouvernement n'a pas encore été discuté '. Il a pour la grandeur du siècle de Louis XIV une sincère admiration \ et, au sortir de la Régence, partageant les espérances de la France entière, il fait les vœux les plus sincères pour celui qui sera Louis XV "". Le jour où l'infante d'Espagne entre à Paris, il s'attendrit en entendant les acclamations qui saluent le jeune roi. Lui-même, dans un élan d'enthousiasme , prononce un véritable acte d'amour monarchique :
Comptez tous les sentiments de vénération, de respect, d'admiration, tous les mouvements de tendresse, de