Voir ci-dessus, p
4. La Faitsse Suivante, acte I, scène i. —On trouve dans une autre pièce de Marivaux, la seconde Surprise de V Amour {ncle 11, se. IV), la même querelle mise en scène d'une façon assez amusante.
Admirateur de La Motte, ennemi d'Homère, partisan des Modernes ou juge assez équital)lc des Anciens, Marivaux professait à Tégard de tous, vivants ou morts, et quelles que fussent ses préférences, une tliéorie assez singulière. Pour lui, il n'y avait pas de grands hommes :
II n'y a, disait-il, ni petit ni grand homme pour le philosophe; il y a seulement des hommes qui ont de grandes qualités mêlées de défauts, d'autres qui ont de grands défauts mêlés de quelques qualités; il y a enfin des hommes ordinaires, autrement dit médiocres, qui valent hien leur prix, et dont la médiocrité a ses avantages. En effet, on peut dire en passant que c'est presque toujours aux grands hommes en tout genre que l'on doit les grands maux et les grandes erreurs ; s'ils n'ahusent pas eux-mêmes de ce qu'ils peuvent faire, du moins sont-ils cause que les autres abusent pour eux de ce qu'ils ont fait ^.
Sainte-Beuve a pris soin de réfuter celte étrange théorie, suivant laquelle il n'y aurait entre le génie et la médiocrité « que du plus ou du moins, sans démarcation aucune, sans aucun degré décisif à franchir ». « Il y a un moment, dit-il, où l'invention, la création en tout genre, ce qu'on appelle génie, héroïsme, commence; les hommes, dans leur instinct, ne s'y trompent pas; ils s'inclinent, ils s'écrient iladmiration et saluent -. »
Pas plus que le génie, Marivaux ne c()mi)r(Mid cette éternehe jeunesse du beau, qui assure à qnehfues o'uvres d'élite un intérêt toujours renaissant et([u'aucune admiration n'épuise :
Oiiel clianui' pour U(»us, dit-il, si ^h)lière, (lofueille, flaciue et tant d'autres nous alVoctaienl du mêinc plaisir,
i. Le Spectnlmir fra?içais, viiifrlième fi'uilli". Voir, dans les Uéfle.vions sur les Hommes, ce (|u'il dit des coïKpici'.uits. 2. Causeries du Lundi, t. IX, p. '.\\~.