‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 9 sur 346 · Cours de Littérature dramatique, t. III, p · texte numérisé non relu

Cours de Littérature dramatique, t. III, p

2. Ta/jleau de la Littérature française au xviir' siècle, treizième leçon.

3. Cours de Littérature drumati'jue, Irad. fraiiraise de 1830, t. II, p. 28u à 287.

■i. Article Marivaux dans le Dictionnaire de la conrersation. Voir encore une Notice |)uljliée en tète d'une édition do la Vie de Marianne (1843) et VIJistoire de la Littérature dramatique du même auteur, t. II, cliap. i et vi.

Théophile flauliiu" est aussi très indulj:i'Ml ]i(iur le iimrivauda;/e, maissesapiiri'rjalions souveni 1res jus les. Inujuurs iilcincs

LA REPUTATION DE MARIVAUX. o

enquête universelle sur la litlérature française, s'est occupé de Marivaux et a su lui rendre exacte justice, avec une connaissance complète de son sujet, ce qui est très rare pour notre auteur. Il conclut ainsi l'étude qu'il lui consacre : « L'homme, considéré dans son ensemble, vaut mieux que la définition à laquelle il a fourni occasion et sujet. Il y a un fonds chez Marivaux; il a sa forme à lui, singulière en effet et dont il abuse; mais, comme cette forme porte sur un fonds réel et vrai de la nature humaine, c'est assez pour qu'il vive et qu'il reste de lui mieux qu'un nom. )) L'étude de l'illustre critique pourrait être considérée comme définitive et clore le débat sur Marivaux, si elle était plus développée '.

D'où \ient cette situation étrange dans notre littérature, pour un auteur que le public n'a jamais cessé

d'originalité et de couleur, sont d'un autre prix que les bavardages de J. Janin. Dans son Histoire de VAvt dramatique en France, il consacre à Marivaux deux chapitres, t. V, chap. xviii, et t. VI, chap. xvni.

1. Deux articles au tome IX des Causeries du Lundi, p. 342 à 381. — Parmi les appréciations dont Marivaux a été Tobjet de nos jours, il importe de citer encore celle de Nisard au tome III, p. 218, de son Histoire de la Littérature française. Dans son Histoire de la Littérature française au xviii" siècle, ouvrage posthume et malheureusement inachevé, un judicieux et ferme écrivain de la Suisse romande, Vinet, a émis sur Marivaux plusieurs idées particulièrement originales et justes. Paul de Saint-Victor lui a consacré quelques pages brillantes en tête de l'édition du Théâtre de Marivaux pul)liée dans la collection Michel Lévy; elles ont trouvé place dans les Deux Masques. M. Francisque Sarcey est un des plus anciens défenseurs de Marivaux; outre un grand nombre de feuilletons, il a publié sur son théâtre une étude complète, comme préface au Théâtre choisi de Marivaux, librairie Jouaust, 1880. Il est juste d'ajouter que Marivaux trouve dans la presse dramatique, depuis une dizaine d'années surtout, des juges de plus en plus favorables. Théodore de Banville, Auguste Vitu, MM. Alphonse Daudet et Edouard Thierry, etc., lui ont consacré de nombreux articles dont les conclusions auraient beaucoup étonné Grimm.

6 INTRÛDL'CTION.

d'applaudir au théâtre, et qui, sans avoir la popularité de Le Sage, est regardé avec lui comme un des meilleurs romanciers de son temps ?

C'est que Marivaux a toujours été plus connu que véritablement étudié. Malgré sa parenté d'esprit plus apparente que réelle avec quelques-uns de ses contemporains , il n'appartenait à aucune école, à aucune coterie, intéressée, par une communauté de tendances, à faire ressortir toute sa valeur. Bien plus, les écrivains du parti philosophique comme ceux du parti opposé, Grimm comme La Harpe, le traitaient en ennemi. Le genre très original qu'il a créé n"a fait école que longtemps après lui; il manquait donc de disciples formant école et défendant la gloire d'un maître commun. Quant aux critiques de nos jours *, la plupart acceptaient sur son compte une opinion toute faite; plusieurs laissaient voir qu'ils en parlaient sans lavoir lu tout entier; les plus indulgents voyaient en lui un esprit plus ingénieux que solide, à qui c'était rendre service que d'ignorer, en faveur de quelques parties exquises, tout le reste de ses œuvres. En dehors du Jeu de V Amour et du Hasard, et de trois ou quatre autres pièces, demeurées au répertoire, de la Vie de Marianne et du Paysan parvenu, qu'on louait sur parole sans les lire beaucoup, on ne prenait pas la peine d'examiner complètement ses titres. Le sens consacré du mot marivaudage

1. Le moins informé elle plus dédaigneux est Gustave Planche (Le Théâtre et l'Esprit public en France, dans la Revue des Deux Mondes du 1" septembre lSo6). « Ses comédies ont amusé les esprits oisifs, et peuvent encore tromper l'ennui des femmes qui n'ont Jamais connu la passion, et ne cherchent partout qu'une distraction frivole.... En quel temps, en quels lieux, a-t-on jamais débile de pareilles mièvreries? 11 n'y a [tas une scène qui soit vraie dans le sens le plus vulgaire du mol, dont les éléments se retrouvent dans la nature ». etc.

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