‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'apres de nouveaux documents (volume 4)Chapitre 93 sur 346 · Registres de rAcadémie française, 18 et 30 mai · texte numérisé non relu

Registres de rAcadémie française, 18 et 30 mai

Vigny, du moins est-on sûr, grâce à elle, qu'il ne se produira jtlus de scandale aussi fâcheux que celui dont Marivaux eut à souffrir*.

Mme de Tencin ne borna pas ses bienfaits envers Marivaux à le faire valoir de son mieux et à briguer en sa faveur. Elle veillait sur lui avec une sollicitude attentive. Dans les affaires ordinaires de la vie, il était incapable de se diriger seul; il lui fallait une tutelle prévoyante, surtout en matière d'intérêts. Mme de Tencin l'avait logé près d'elle, « rue Saint- Honoré, près de Saint-Roch * ». L'histoire anecdotique du XVIII'' siècle a souvent parlé de la générosité qu'elle mettait au service de « ses bêtes », comme elle appelait, par antiphrase, sa société de gens d'esprit : dans cette « ménagerie », Marivaux était le plus clioyé.

Il n'avait pour vivre, on le sait, (jue le mince produit de ses ouvrages. Le temps allait venir où la littérature, surtout la littérature dramatique, grâce à Beaumarchais, nourrirait son homme. En attendant, les parts d'auteur, assez libéralement fixées en principe, par un arrêt de 1097, — au neuvième de la

\. Aprrs sa inori, Marivaux ne l'ciiconfra jias à l'Acadéniio plus lit; justice (jue ilc sou vivant. L'al)bé de Hadonvillicrs, son successeur, fit son éloge de très mauvaise grâce, avec les mêmes réserves (ju'autrefois Languel de Gcrgy : « Vous n'attendez pas de moi que j'approuve le genre des romans et des comédies dans lesquels M. de Marivaux s'est exercé ; des lois d'un ordre supérieur me le défendent — » etc. De même le cardinal de Luyncs, qui répondit. Bacliaumont fit la remarque de cette singulière malechance (Mémoires secrets, édit. de Londres, 1780, t. I, p. 194) et Grimm lui-même ne put s'empêcher de trouver que Marivaux méritait mieux. {Corresjxjixlanre littéraire, édit. Tourneux, t. V, p. 27;;.)

2. AImniuu-h royal de 1741, p. 318, dans la liste des nKMubres de l'Académie fran(;aise. Mme de Tencin demeurait rue el porte Sainl-Hiinoré. Dans cette rue habitail aussi le meilleur ami de .Marivaux, Fontenellc.

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