‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 117 sur 445 · UNIFORMITÉ DES SUJETS; VARIÉTÉ DES DÉTAILS · texte numérisé non relu

UNIFORMITÉ DES SUJETS; VARIÉTÉ DES DÉTAILS

pièces, c'est tantôt un amour ignoré des deux amants ; tantôt un amour qu'ils sentent etqu'ils veulent secacherTun àTautre; tantôt un amour timide et qui n'ose se déclarer ; tantôt enfin, un amour incertain et OMome indécis, un amour à demi néy pour ainsi dire, dont ils se doutent sans en être bien sûrs, et qu'ils épient au dedans d'eux-mêmes, avant de lui laisser prendre lessor. Où est en tout cela cette ressemblance qu'on ne cesse de m'objecter ^? > Ailleurs, plaidant la même cause, au sujet des Serments indiscrets et de la Surprise de V Amour, qu'on accusait d'être calqués l'un sur l'autre, il disait encore : c Je ne vois rien là qui se ressemble. Il est vrai que dans Tune et dans l'autre situation tout se passe dans le cœur ; mais ce cœur a bien des sortes de sentiments, et le portrait de l'un ne fait pas le portrait de l'autre '. >

Cette explication, il faut bien le dire, est plus subtile que probante, — et Marivaux pourrait, sans nous convaincre davantage, la reproduire pour beaucoup de ses pièces. Sans douta, toutes les comédies qui peignent les diverses phases de ra\ raour ont pour théâtre le cœur, source commune de tous le<4 sentiments et de toutes les passions; mais au moins chaque auteur dramatique s'e(Torce-t-il de varier la donnée, les causes, la marche de l'éternel sujet; eux aussi tirent tout du cœur humain, mais par des voies différentes. Marivaux n'en emploie ^ qu'une; de là sa ressemblance continuelle avec lui-même, res- ^

goûtf 1743, in-12, p. 323, cité par M. Ed. Fournier, p. xxiv. Nous n'avions pu trouver dans aucune des bibliothèques publiques de Paris ce curieux ouvrage ; et cependant M. Fournier ne le possédait point dans sa bibliothèque particulière, car il ne figure pas dans le catalogue publié après sa mort (Paris, Ad. Labitte, 1880). D'Argens eut une existence très agitée, dont la plus grande partie se passa à l'étranger; par suite, il y a peu de collections complètes de. ses œuvres, où Ton trouve parfois de si curieux renseignements sur le monde philosophique et littéraire de son temps ; la moins incomplète est encore celle de l'Arsenal. Nous pouvons cependant, au moment de mettre sous presse, vérifier nous-méme la citation de d'Argens, grâce aux indications d'un obligeant bibliophile, M. Maurice Cohen. D'.4rgen8, passant en revue, entre autres écrivains, les principaux auteurs dramatiques do notre pays, porte sur Marivaux un jugement assez fjvorable, où il dit notamment : m 11 y a dans ses pièces, d'ailleurs très jolies, un défaut, c'est qu'elles pourraient être presque toutes intitulées la Surprise de l'Amour, »

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