‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 165 sur 445 · Les Fausses Confidences, acte III, scène v · texte numérisé non relu

Les Fausses Confidences, acte III, scène v

ce sont des personnages de conditions très diverses ; nous nous bornerons à en citer deux, les courtisans Frédéric et Trivelin *, pour leur énergie et leur portée morale.

On sait de quelle haine vigoureuse le dix-seplième siècle poursuivait les vices de Thomme de cour. Par une contradiction singulière, prédicateurs, moralistes, auteurs dramatiques, tous admirateurs de la monarchie absolue et de ses gloires alors à l'apogée, ne cessent de dénoncer au mépris, avec une liberté qui nous étonne, les vices que la cour engendre fatalement. Bourdaloue frappe sur les courtisans « comme un sourd', » Massiilon voit en eux le résumé de toutes les bassesses^, Molière, qui semble parfois les défendre, ne leur accorde en somme que le sens exquis des choses littéraires « : Tartufe est un courtisan dévot, et don Juan un type effrayant de « grand seigneur méchant homme ^ »; La Fontaine fait provision, en leur compagnie, de traits malins qu'il sème tout le long de ses fables ; quant à La Bruyère, qui les connaît mieux que personne, car il a passé toute sa vie avec eux, il leur consacre un chapitre entier de ses Caractères y dans lequel, avec la cruauté froide d'une rancune longtemps amassée et Tamertume des humiliations dévorées en silence, il étale en pleine lumière leur laideur morale ®.

Le dix-huitième siècle continue la guerre, non plus au simple

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