‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 164 sur 445 · LE PROCUREUR REMY · texte numérisé non relu

LE PROCUREUR REMY

M. REMY, élevant la voix.

Celui-ci est nouveau ! Mais, Madame, dès ({u'il n'est pas à vous, il me semble qu'il n'est pas essentiel qu'il vous plaise. On n'a pas mis dans le marché qu'il vous plairait ; personne n'a songé à cela, et, pourvu qu'il convienne à madame Âraminte, tout le monde doit être content. Tant pis pour qui ne l'est pas. Qu'est-ce que cela signiûe ?

M"« ARGANTE

Mais vous avez le ton bien rauque, monsieur Remy !

M. REMY

Ma foi, vos compliments ne sont pas propres à l'adoucir, madame Argante.

M"« ARGANTE

Votre Dorante est un impertinent.

M. REMY

Bagatelle ! ce mot-là ne signifie rien dans votre bouche.

M"« ARGANTE

Dans ma bouche ! A qui parle donc ce petit praticien ? Monsieur le comte, est-ce que vous ne lui imposerez pas silence ?

M. REMY

Gomment donc ! m'imposer silence à moi, procureur I Savez-vous bien qu'il y a cinquante ans que je parle, madame Argante?

M"" ARGANTE

Il y a donc cinquante ans que vous ne savez ce que vous dites ^.

M*^ Argante a le dernier mot^ mais pas pour longtemps, et M. Remy va prendre sa revanche.

Les caractères que nous venons d'analyser n'ont pour but que de faire rire, en amenant quelques scènes plaisantes ; il en est d'autres, dans le théâtre de Marivaux, qui laissent voir une intention satirique, et de leur étude se dégage une leçon. Plusieurs fois les rôles de valets sont de ce genre, mais nous les avons assez longuement traités pour n'y plus revenir. Ailleurs,

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