LK COURTISAN
moment après, se croyant rappelé au pouvoir, îMaisse entendre que Lélio est trop dangereux pour qu'on lui laisse la liberté. Mais sa disgrâce est bien définitive, et il disparaît sur ce jugement : « Votre méchanceté vous met hors d'état de nuire à d'autres qu'à vous-même ^ »
Ce caractère n'est-il point tracé de main de maître? Ici nous n'avons plus devant nous un déraut simplement ridicule, mais le vice^ dangereux et méchant. Aussi Frédéric nous semblet-il plutôt appartenir au drame qu'à la comédie : Torce, vérité, progression, intérêt saisissant, rien ne manque à ce rôle. Du reste, la pièce où nous le trouvons est elle-même fort originale et curieuse; elle appartient à cette partie du théâtre de Marivaux généralement ignorée et dédaignée, mais où le talent de notre auteur se révèle sous un aspect inattendu.
1 . Le Princô travesti, acte III, se. vu. Voy. notamment, acte If, se. xiu, la longue tirade où Frédéric étale, avec vn cynisme inconscient, sa bassesse et sa perfidie.