Nolamment dans la cinquième partie de Marianne
2. Voy. ci-dessus, p. 77, n. à. C'est à seize ans qu'on pouvait prononcer des vœux.
3. Epoque où paraissent les neuvième, dixième et onzième parties^ contenant l'histoire de la Religieuse.
grand air de bonté, une vie régulière, des mœurs qui paraissaient austères et des liaisons avec tous les dévots du pays attiraient Testime de tout le monde. > M""* de Saint-Hermières et ses amis n'étaient que de faux dévots ; mais cette < société de gens de bien « voulait faire de M"'' de Tervire une religieuse, car, dit la victime, « une fille de mon âge, et d'une aussi jolie figure qu'on disait que je Tétais, ne lui aurait pas fait peu d'honneur de s'aller jeter dans un couvent au sortir de ses mains ^ >
La veuve n'épargne donc rien pour réussir, associant la jeune fille à tous ses exercices de piété et la conduisant fréquemment dans une communauté .de femmes :
Elle y avait une parente qui était instruite de ses desseins et qui s'y prétait avec toute Tadresse monacale, avec tout le zèle malentendu dont elle était capable. Je dis malentendu, car il n'y a rien de plus imprudent, et peut-être rien de moins pardonnable que ces petites séductions qu'on emploie en pareil cas, pour faire venir à une jeune fille Tenvie d'être religieuse. Ce n'est pas en agir de bonne foi avec elle ; et il vaudrait mieux lui exagérer les conséquences de l'engagement qu'elle prendra, que de l'empêcher de les voir, on que de les lui déguiser si bien qu'elle ne les connaît pas.
Secondée par les autres sœurs, l'amie de M"* de Saint-Hermières attire peu à peu M"' de Tervire, en la comblant de prévenances et de caresses, qui, nous le verrons, ne doivent pas survivre à la prise d'habit ; moyens de pieuse séduction, qu'on abandonne dès qu'ils ont produit leur effet :
11 fallait voir, raconte M"' de Tervire, comme ma religieuse me serrait les mains dans les siennes, avec quelle sainte tendresse elle me parlait et jetait les yeux sur moi. Après cela venaient encore deux ou trois de ses compagnes aussi caressantes qu'elle, et qui m'enchantaient par la douceur des petits noms qu'elles me donnaient, et par leurs grâces simples et dévotes ; de sorte que je ne les quittais jamais que pénétrée d'attendrissement pour elles et pour leur maison *•
Mais un jour, dans ce même couvent, une des religieuses, à la suite d'une conversation, qui, peu à peu, est allée de sa