L'acte tout entier en a huit
5. 10 juin 1832, dans les Œuvres inédites de Piron, p. 76, publiées par H. Bonhomme, 1859. La Harpe était, on le voit, bien mal informé, lorsqu'il écrivait : « Les pièces de Marivaux ont eu presque toutes du succès dans leur nouveauté* » (Lycée, dix-huitième siècle, livre II, chap. vii.) De même un critique contemporain, M. Louis Lacroix : « Presque toutes réussirent avec éclat. » (Le dix-huitième siècle, — Lettres, sciences et arts, p. 162.) Voy. ci-après, p. 71, ce que Marivaux lui-môme disait de ses premières représentations.
d)ligea le sieur Hontmeny de s'ayaucer sur le bord du théâtre, à la fio du second acte, pour faire des propositions d'accommodement, qui furent de planter tout là et de jouer la petite pièce. Mais tous connaissez la docilité, la complaisance du bénin et accommodant parterre. 11 se mit à crier à tue-tête qu'il voulait et qu'il ne voulait pas; puis il voulut enfin. U fallut passer par ses baguettes, avec toute la rigueur possible ^.
A peine si^ de loin en loin, il rencontre un succès bien franc avec le Jeu de F Amour et du Hasard^, FÉpreuve^f la Mère confidente *, les Fausses confidences ^. Et quand le parterre lui fait un accueil favorable, ce n'est presque jamaisL au Théâtre- Français, où Marivaux, malgré sa prédilection pour les Italiens, aurait cependant bien désiré conquérir une place incontestée et recevoir conime la consécration de son talent : des six pièces de notre auteur qui devaient rester au répertoire, une seule, le Legs, fut jouée d'original à la Comédie-Française; les cinq autres, la Surprise de l^ Amour Je Jeu de l'Amour et du Hasard, rÉcole des Mères, les Fausses confidences, VÊpreuve parurent pour la première fois au Théâtre-Italien.
On s'explique le médiocre succès de Marivaux au Théâtre- Français, et ses inspirations moins heureuses lorsqu'il abordait cette dernière scène. U n'y trouvait, nous l'avons vu, rien de ce qui, aux Italiens, secondait et faisait valoir son talent : des interprètes dociles, formés par lui, possédant d'instinct, pour ainsi dire, le jeu qui convenait à ses pièces. Chez les comédiens du roi, il rencontrait des traditions, défendues avec un soin jaloux, des modèles qu'il fallait, sinon imiter, du moins respecter en ne s'en écartant pas trop, un sérieux qui glaçait sa libre fantaisie, des acteurs qui prétendaient impo-