‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 336 sur 445 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

LE MOliAtlëTE O^uile ei fin)

PHJLOSOPHIE DE MARIVAUX ; SES IDÉES RELIGIEUSES ; LA PENSÉE DE LA MORT. THÉORIES POLITIQUES ; LA ROYAUTÉ ; i L'ÉDUCATION B*UN PRINCE. > — LES INÉGALITÉS SOCIALES j LE PRÉJUGÉ NOBILIAIRE ; LA NOBLESSE DE PROTIflCE. — LE PERSONNAGE INTLUENT ; L'UOMM B DE COUR ; M ARIVATO SOCIALISTE. — LE PAYSAN ; MARIVAUX ET VIRGILE. — LES HUMBLES.

Oïl he saurait Contester à Marivaux le titre de inoralisie : mérite-t-il également celui de (philosophe, qu'il s'attribuait volontiers et que nous lui avons appliqué plusieurs fois au cours du chapitre précédent? Nous n'entendons plus tout à fait ce mot au sens que lui donnaient le dix-septième et le dix-huitième siècle ^ La Bruyère et ses contemporains appelaient philosophe celui qui s'appliquait à l'étude de Thomme et de la société; au temps de Diderot et de Voltaire était phi losophe quiconque attaquait non seulement les préjugés et les abus, mais toutes les anciennes croyances. Très philosophe au premier sens du mot, Marivaux Test beaucoup moins au second. De nos jours, enfin, nous entendons surtout par philosophie l'étude abstraite des principes et des causes^ de Tàme et de Dieu, en un mot une science rigoureuse, possédant une méthode, un corps de doctrines, arrivant à des conclusions positives. En ce sens, Marivaux n'est plus un philosophe. Sur les hautes matières qui sont l'objet de la philosophie, il n'a pas d'idées bien arrêtées ; il fait plus usage du sentiment que

1. « De vrais philosophes ajoutant quelque chose à la science, il n*y en eut guère (de 1720 à 1750). Vous ^avez pourtant combien le titre en fut commun. Suivant un mot Ue M™^ Guisot (Pauline de Meulan), on le prenait alors de son autorité privée; dans la période suivante, Tindulgence publique en fît cadeau à tous les écrivains indistinctement. » (L. Etienne, ia Littérature d'une génération, dans ia Revue des cours littéraires du 2 avril 1870.)

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