‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 358 sur 445 · Voy. Sainte-Beuve, Causeries du Lundi^ t. IX, p · texte numérisé non relu

Voy. Sainte-Beuve, Causeries du Lundi^ t. IX, p

3. Voy. Villemain, Littérature au dix-huitième siècle, deuxième leçon. On trouvera dans Vauvenargues (Fragments, KII, Œuvres^ 1. 1, p. 280-28^) une vigoureuse défense de la poésie contre La Motte et son école. Est-il nécessaire de rappeler celle d'A . de Musset (Namouna, chant II, ii et suiv.) :

J'aime ttirtout les yen, cette langue immortelle, etc.?

à. Bayle (voy. C. Lenient, Éfude sur Bayle^ p. 213), Pascal (Pensées, article VII, 25, t. I, p. 104 de l'édil. Havet), Montesquieu {Lettres persanes, CXXXVII).

5. Voy. l'ode de Lafaye, Sur les avantages de la rinie^ dont une strophe est restée fameuse.

apportait dans ces attaques. On s'étonne, en les parcourant, qu'un homme calme et doux à l'ordinaire, de sens rassis et d'humeur peu batailleuse, respectueux de lui-même et de sa plume, ait pu, sans aucun motif d'animosité personnelle, s'emporter contre un poète mort depuis trois mille ans, jusqu'à perdre tout sang-froid et à oublier toute justice. On s'en étonne d'autant plus qu'il réserve ses colères au seul Hom^^ et, à l'occasion, parle des autres auteurs anciens avec convenance et bon sens. Il considère le culte d'Homère comme une idolâtrie ridicule et traite de fanatiques ceux qui le pratiquent; il s'efforce, très lourdement, de leur prouver que le € divin poète i^ n'était qu'un homme fort ordinaire et un méchant auteur ^ Cette épithète de c divin » surtout a le don de l'exaspérer. Il ne manque pas une occasion de la tourner en ridicule, par des plaisanteries dans le goût de celle-ci : « Il me tomba l'autre jour entre les mains une feuille gi-ecque de la divine Iliade. 0 dieux I dans quel état je la vis I Un Grec en serait mort subitement... Imaginez- vous que la feuille de l'homme divin avait servi à envelopper des denrées d'épicier; elle en portaitencore les marques ^. » Marivaux trouve cela très amusant.

Quelle peut donc être la cause de cette colère? Sans doute l'échec complet de cette Iliade travestie, qui fut le premier livre de Marivaux. Il espérait pour elle un vif succès; il ne dissimulait pas sa prétention de faire aussi bien, sinon mieux, que Scarron dans son Enéide :

Je trouve, disait-il, que son burlesque ou son plaisant est plus dépendant de la bouffonnerie des termes que de la pensée ; c'est la façon dont il exprime sa pensée qui divertit plus que sa pensée même. : ses termes sont vraiment burlesques; mais, ses récits dépouillés de

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