‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 38 sur 445 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

RUINE DE MARIVAUX DANS LA BANQUE DE LAW. •— SON MARIAGI. — MARIVAUX MORALISTE ET ROMANCIER. — SES DÉMÊLÉS AVEC VOLTAIRE ET LE PARTI FEILOSOPHIQUE ; — AVEC LA CRITIQUE ; — AVEC CRÉBILLON FILS.—- MARIVAUX ET PAUL-LOUIS COURIER.

L'absence d'amertume et la facilité de résignation dont Marivaux faisait preuve sembleront d'autant plus méritoires, si l'on songe qu'à l'époque où il refusait de croire aux cabales montées contre ses pièces, il n'avait plus pour vivre d'autres ressources que le produit de son travail. Jusqu'en 1722 il pouvait écrire à son heure et sans préoccupation de gain, car il était relativement riche ; son père lui avait laissé « une honnête fortune^ >, qui lui assurait le bien-être et l'indépendance. Très désintéressé, il se contentait de jouir de son aisance, sans songer à l'augmenter, ce qui pourtant lui eût été facile, grâce aux relations que son origine lui créait parmi les gens de finance : malgré sa médiocre estime pour l'ensemble de la corporation, il était l'ami de quelques-uns, d'Helvétîus notamment et de Lallemant de Bez'. Il avait décliné toute proposition à ce sujet, lorsque, au plus beau moment du système de Law, il se rendit, pour son malheur, aux sollicitations de ses amis et consentit à se laisser enrichir ^. Sa fortune en effet fut

Page 1