Lesbros, p
2. /tf., p. 37. On connait Helvétius; quant à Lallemaut^de Bez, son nom revient assez souvent dans les écrits du temps, notamment dans le Journal de Barbier. On verra ci-après (p. 125} que sa maison était une de celles que fréquentait le plus Marivaux.
3. C'était le temps, dit Duclos, « où chacun s'imaginait pouvoir devenir riche, sans que personne devtnt pauvre, d {Mémoires , t. I. p. 18 des OEitores.)
fille au couvent. Ses succès incertains lui avaient tout au plus évité la gène, et souvent ses ressources étaient bornées à une pension de trois mille livres sur la cassette du roi, pension que ses amis lui avaient procurée à son insu, car il ne sollicita jamais ^ Il était trop fier pour demander et trop jaloux de son indépendance pour se mettre aux gages des grands. Il ne voulut dépendre que de sa plume, et pourtant il avouait, on vient de le voir, qu'il était fort paresseux, et le travail forcé lui devait être plus pénible qu'à personne.
Il travailla cependant beaucoup et multiplia les tentatives en tout sens, pour augmenter les ressources que le théâtre lui donnait trop insuffisantes. Lorsque la banque de Law l'eut ruiné, rendu plus paresseux encore par le bonheur de son récent mariage, il avait passé toute une année sans écrire et ne pouvait faire jouer sur-le-champ aucune comédie. Le succès des articles donnés au Mercure pour son début dans les lettres l'engagea à les reprendre sous forme d'un journal qu'il rédigerait seul et publierait lui-même chaque semaine, sous le titre du Spectateur, renouvelé d'Addison : ainsi naquit le Spectateur français •.
Il eût fallu, pour réussir dans une pareille entreprise, non pas plus de talent que n'en avait Marivaux, mais plus de savoirfaire et d'habileté. Le Spectateur français se vendit peu, et, dès la première feuille, il parut à des époques si irrégulières ^
1 . Voy. sur l'origine de cette pension» ci-après, p . i A3 .Selon Duviquet (iVo/tce en tête des (JEuvres complètes^ p. xxviii), le duc d'Orléans a agouta à la dotalion de M^^*' de Marivaux une pension de 4000 fr. pour son père; elle lui fut continuée par M. le duc d'Orléans, fils du précédent » Marivaux aurait donc eu deux pensions de AOOO livres chacune, somme très forte pour l'époque. Il est à croire qu'il n'en avait qu'une, car Lesbros, qui semble très bien informé, n'évalue le total des ressources de Marivaux qu'à âOOO livres (voy. ci-après, p. 16 A). Duviquet aura attribué au duc d'Orléans ce qui venait du roi, bien qu'il ajoute (p. xxa) : a II recevait aussi un traitement annuel sur la cassette du roi. » Remarquons enfin que, selon Lesbros, cette pension n'était que de 3000 livres.
2. le Spectateur anghis eut de nombreux imitateurs au dix-huitième siècle, mais, dit M. E. Hatin (Histoire de la presse en France^ t. in,p. 129)^ c Marivaux est le premier, du moins à ma connaissance, qui, chez nous, se soit exercé dans ce genre si difficile.» — On peut voir dans les Œuvres badines du comte de Caylus, t. VI, p. 97, une lettre satirique sur la multiplicité des Spectateurs,
3. Le Spectateur devait paraître tous les huit jours, et le second numéro mit deux semaines à succéder au premier ; bientôt il ne parut plus que tous les mois.