PEINTURES ET GRAVURES SE RAPPORTANT A MARIVAUX ET A SES ŒUVRES
1. Marivaux fîgure dans le plafond récemment peint, pour la salle de la Comédie-Française, par M. Mazerolle,- et inauguré le !2 août 1879. Il se trouve à l'extrême droite et au premier plan, entre Uegnard et Beaumarchais, dans le groupe d'auteurs qui assistent au couronnement par la France de nos trois grands poètes, Corneille, Racine et Molière.
2. Au-dessous du plafond du foyer public, à la Comédie-Française, règne une frise sur laquelle est peinte, en camaïeu bleu sur fond d'or, une série de médaillons représentant les principaux personnages des comédies ou tragédies célèbres, figurés par des enfants dans le style de Boucher. L'un de ces médaillons, placé au-dessus de la porte donnant sur le gcand escalier, représente la scène xx de VÉcole des Mères de Marivaux : Angélique, conduite par Ëraste, se jette dans les bras de M"° Argante *.
3. L'édition originale de Vile de la Raison porte un frontispice de Bonnard fils, gravé par J. B. Scotin, et qui représente la scène ni de l'acte L
Les douze personnages de la pièce sont groupés sur le rivage; au fond, les raisonnâmes, très grands, à droite et à gauche les fous, très petits. Le gouverneur, une lunette d'approche à la main, admire la petitesse deceuxr ci. Intéressante par les costumes, cette estampe est assez ordinaire.
4. Le catalogue de janvier-février 1882 de la librairie Lefilleul, 27, bonlevard Poissonnière, contenait sous le n** 331 la descri^on d*nne édition de la Vûiture embourbée, Amsterdam, 1715, in-18, avec cette mention : c frel exemplaire orné de 8 jolies figeres non signées gravées sur cuivre. > Nous n'avons pu voir et décrire ces gravares.
1. Suivant M. René Delormo [le MuUe de la Comédie- Françniêe, p. S4) la déoor»tion du foyer public est due à MM. Cbabal. Gbabrol-Dusurgey, Edmond Hédoiûa, Brcssct Trc^bulion. Nous aurions voulu pouvoir rajtportcr le mcdaillon de VÉcoU det Mirea à celui do ces artisies qui en c«t l'autour, mais il nous a 6lé impossible do lire avec la lorgnette rinscriptioa en leUrcs rouges qui se devine au bas et qui doit être lo nom do l'auteur.
5. L'édition originale de VHomère traveiti renferme 15 gravures a« burin, dessinées et gravées par Dubercelle, et représentant diverses scènes du poëme ? T. I, frontispice, et p. ^, 47, 58, 1)9, t36, ^3, Ui ; t. H, frontispice, et p. 83, U9, 185, m, S64, 311.
Ces gravures, d'une exécution facile, sont parfois spirituelles, plus souvent ordurières ou d'une basse boufTonnerie, presque toujours très pauvres d'invention, comme le poème. Celle dujugeinentdePàris(t. Il, p. 185) est la plus curieuse ; deos foû plu* grande que les autPM, elle groupe tous le# personnages de la scèfto, affdbite d'haï^iis modernes, dam «as caricature asses plaisante. Paris est en pierrot; aa-daeius de lui, Mencure, en ariequio, est iuspendu par les reins aux branches d'un arbre. Véaui aat vêtue eo fiUa, Minerve en ofQcier avec le hausse-col et l'esponton, Junon en douairière, avec un long nez en bec de pivert et une fontange démesurée.
6. Six gravures au burin, bien composées et très soignées d'exécution, dans Tédition de la Vie de Marianne et du Pay$an parvenu, publiée en deux volumes itt-8, 1865, à la librairie Garnier frères. G. SiAdldel., Massard se, Sarazin, imp., Paris. T. I frontispice, p. 58 et "âSS; t. II, frontispice, p. 339 et p. 4H.
7. Dix-neuf portraits coloriés des personnages des pièces, dessinés par Bertall et gravés par Nargeot, dans l'édition du Théâtre complet publiée par Laplace et Sanchez. Tous ces portraits, dans la manière un peu raide de M. Bertall, sont néanmoins agréables ; quelques-uns sont très spirituels et gracieux.
Les autographes de Marivaux sont très rares; ils Tétaient déjà quelques années après sa mort : en 1769, l'éditeur de VEsprit de Maritaux^ Lesbros, se félicitait, comme d une bonne fortune, de pouvoir faire entrer dans soxi Éloge historique deux lettres inédites ^ Il semble que le goût des pièces originales, qui, depuis une trentaine d'années, a fait tant de progrès, aurait dû amener la découverte d'autographes de notre 'auteur. 11 n'en a rien été. L'écriture de Marivaux manque dans les collections les plus complètes, comme celles de S. À. R. le duc d'Aumale, de M. le marquis de Fiers, de MM. Feuillet de Couches, Moulin, Deriard, etc.'.
Nous avons dû nous borner, de ce côté, à recueillir les lettres et
9. !# rareté des autographes de Marhraax a plosievrs causes. D'abord, de son vhraal laéme. ta réputation commençait à décliner, et ce déeUn devint de plus en plus npide après sa mort; on attachait donc peu d'importance à son écriture, au moment oà il eût été le plus facile de «e la procurer. De plus, Il était peu répandu et borné, nomme nous l'avons vu (p. 13), c à la société d'un petit nombre d'amis ; » par suite, il écrivait peu de lettres, d'autant moins qu'il ne quittait guère Paris oà étaient ses relations d'amitié ou d'aiTaires. Peut-étro enfin, comme Montaigne, détostait-il d'écrire
pièces déjà coimaes ; leurs propriétaires ont bien touIu nous autoriser à en prendre copie, grâce à la bienveillante recommandatioD de M. Etienne Gharavay, expert en autographes. Nous n'avons trouvé à la Bibliothèque nationale que deux copies de comédies. A la Bibliothèque de l'Arsenal, nous avons eu la bonne fortune de découvrir, dans un recueil manuscrit de pièces du théâtre, une page entière et quelques lignes de l'écriture de Marivaux. A la Comédie-Française, M. Georges Monval, archiviste du théâtre, nous a signalé une lettre intéressante et complètement inconnue, un très beau manuscrit également inexploré, tout entier de l'écriture de Marivaux, et deux autres portant des corrections de sa main. Dans les registres de rAcadémie française, mis â notre disposition par M. J. Pingard, chef du secrétariat de rinstitut, nous avons pu relever, outre plusieurs renseignements intéressants réunis ci-après, un certain nombre de signatures de notre auteur.
Nous classons de la manière suivante ces divers documents, d'après leur nature et leur date probable.