‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 403 sur 445 · A Baculard-d'Amaud? Date inconnne · texte numérisé non relu

A Baculard-d'Amaud? Date inconnne

Voicy, Mon$ieury le billet que votis me demander, je voudrais trouver des occasions pltts sérieuses de vous prouver combien je suis

Monsieur,

votre très hutnble et très obéissant serviteur

De Marivaux

GoUection Badio, demi-feuille, petit in-8. L'autre demi-feuille, portant la suscription, a été coupée. Très belle écriture, ferme et nette. Ce billet, sans aucun intérêt et qui est évidemment une réponse à une demande de places pour la Comédie-Française ou pour le Théâtre-Italien, dut être écrit, s'il est réellement adressé à Baeulard d^Aroaud^ entre 1730 et 1750 : Baculard d'Arnaud était né en 1718.

des lettres, et pour la môme raison : c (Je) no m'entends pas, disait celui-ci, aux lettres cerimonieuses, qui n'ont aultre substance que d'une belle enfileuro de paroles courtoises, le n*ay ny la faculté ny le goust de ces longues offres d'affection et de service : le n'en crois pas tout, et me desplaist d'en dire ipièros oultre ce que j'en crois. » {KêiaUt 1, xxxix.) Voy. enfin, dans l'ouvrage de M. do Lescure, {es^itfofrapKe9 en France et à l'étranger, chap. vi, p. 110 à 121, une page Intéressante sur la rareté dos autographes de tant d'hommes illustres.

1. L'auteur dramatique et romancier, rival do Voltaire dans la faveur de Frédéric II. Voy , sur ce personnage, une amusante étude de M. Ch . Monsolet dans lee OubUie et Ui dédaignée du dix-huitUme tièele.

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Suscription :

A Monsieur Monsieur Dufresne * A la Comédie françoise.

Enfin, Monsieur y la resolution de jouer les Sermens indiscrets est donc prise; il y a deux ou trois jours que jay écrit a Mademoiselle Quinault* pour la prier quon me rendit cette pièce; mais je nay receu ny pièce ny réponse, au reste, javois ce me semble entendu dire que vous allies après paques jouer une tra-^ gedie; quoyquil en soit, il faut prendre son party. vous aves déjà quatrs actes entre vos mains; vous ne pouves avoir le cinquième que ce soir ou demain matin a pareille heure; il faut avant que je le donne que vous ayes la bonté de m envoyer ma copie des quatre premiers actes; parceque jay besoin dy revoir certaines choses qui ne sont point dans la copie qui me restât ainsyje vous prie de faire dire au sieur minet^ quil délivre ce que je demande au porteur de ma lettre.

Je suy monsieur votre très humble et très obéissant serviteur

De Marivaux Ce lundy matin

Archives de la Comédie-Française. Une pa^e in-d® sar double feuiUe; la suscription sur le verso de la seconde feuille; cachet de cire rouge, a?ee empreinte effacée d'un cachet héraldique *. Les Settnenfs indiscrets furent joués le 8 juin 1732; suivant les registres do la Comédie, ils avaient été reçus le 9 mars 1731. On comprend donc Timpatience de Marivaux; on

1. Quinaolt Durretne (1673-1707), neveu du poète Philippe Quinault, et Tnii des meillears acteurs comiques et dnmaUques qu'ait eus le Théfttre-Français. Voy. Le Slazurier, Galerie historique des acteurs du Théâtre-Français,

2. Jeanne- Françoise Qulnault (1700-1783), sœur du précédent. Voy. ci-dessus, p. 65, n. 2, et 120. n. 2.

3. Copiste et souffleur de la Comédie. II est question de lui dans la correspondance de Voltaire, qui l'accuse (édition Bouchot, t. LUI, p. 661) de vendre des copies de ses pièces aux comédiens de campagne, et lui témoigne, par suite, la plus grande méfiance (t. LIV. p. 31 et t. LV, p. 206 et 285); il déclare à d'Argental (23 juin 1748) qu'il no donnera jamais à cet « homme fort dangereux eo fait de manuscrits, ni pièces de vin ni pièces de théâtre à garder; » ce qui fait supposer que Minet éuit à la fois infidèle et ivrogne.

4. Nous donnons celle pièce ci-contre en gravure héliographique. non seulement parce que c'est, comme dit M. de Lescure {op. cit., p. 267). « la relique indispensable, qui met, pour ainsi dire, on communication avec la pensée de Tautenr, qui nous révèle sa physionomie littéraire, et quelquefois sa physionomie morale, t mais aussi pour fournir aux amateurs d'autographes un critérium de l'écriture fort rare de Marivaux. A première vue, la signature semhle différente du corps de la lettre, mais cette anomalie, assez commune, on le sait, est de règle chez Marivaux, qui, sa lettre écrite, devait donner Jk sa niaiii une position particulière pour signer; une comparaiioa attentive de ses divers autographes nous montre que c'était ^une habitude ches lui.

verra par I« tableau ci-après (IIl, chronologie) qu'aucune de ses pièces n'avait attendu aussi longtemps.

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