MARIVAUX A RIOM ET A LIMOGES
Nous avons essayé de retrouver à Riom et à Limoges quelques traces du séjour qu'y fit Marivaux dans son enfance et dans sa jeunesse, espérant éclairer ai'hsi l'histoire de ses études, de ses débuts dans le monde, de sa première comédie. Nos recherches ont été infructueuses; elles nous ont seulement prouvé que ses biographes n'étaient peut-être pas eux-mêmes très bien renseignés. Ils s'accordent tous à faire de M. de Marivaux père .un directeur des Monnaies; or, on verra que rien n'est moins prouvé, au moins pour Limoges. M. Garraud^ bibliothécaire de Riom, nous écrit :
M. de Marivaux père n'a laissé aucune trace de son passage; on ne trouve a son sujet ni document, ni souvenir précis. Quant au fils, s'il a fait ses études à Rioin, il n'a pu les suivre que chez les Oratoriens établis dans cette ville depuis 16 1 7 jusqu'à la Révolution. Quelques registres incomplets sur les Oratoriens à celle époque, consultés, ne font aucune mention du nom de Marivaux.
1. Une auirc g.izcllo do Hollande, lo Journal littéraire de U Haye (1736, t. XXUI, p. 470), tout on rcslonl neutre, est plus aimable pour Marivaux : « L'imprimeur prétend, dit-il. que ce livre est de M de Marivaux; il eu apporte des preuves qui paraissent incontcstuMcs. Cet écrivain méconnaît cet ouvrage et prétend qu'il n'y a d'aolre
MARIVAUX A RIOM ET A LIMOGES. G'il
Il en est de même pour Limoges, (1*011 M. Groussard, professeur au lycée de cette ville, nous transmet les renseignements suivants :
La direction de M. de Marivaux père à la Monnaie est aussi inconnue que le premier essai dramatique de son fils et son maria<!^e rompu à temps. Tout ce qu'on sait, c'est que le théâtre public et le théâtre de société étaient fort cultivés à Limoges. Le seul collège d'instruction secondaire qui existât alors, était celui dos Jésuites, occupé aujourd'hui par le lycée. Il y avait en outre une école ecclésiastique, oij Ton enseignait la théologie et la philosophie. Marivaux a-t-il fréquenté Tun ou l'autre de ces deux établissements? Pas de renseignements à ce sujet.
• Quant aux fonctions exercées à la Monnaie de Limoges par M. de Marivaux, M. Guibert, membre de la Société archéologique du Limausin, nous écrit à la suite dé ses recherches aux Archives nationales et à celles de la Haute-Vienne :
A la date du 30 août 1697, je trouve, comme directeur de noire Monnaie, Martin Courant ; en 1700, 1703, 1712, le contrôleur est Ghénedédu Plessis. Le 4 février 1700^ Rernard David de Lavergneest nommé directeur; il l'est encore en 1703, 1709, 1712, 1716. Nulle part rien qui rappelle le nom de Marivaux. Les juges-gardes, procureur, etc., de la Monnaie, ont tous des noms limousins: de Douliet, Ruaud, Piclion, Gélière, Ardant, etc. M. l'archiviste du département m'a dit enfln n'avoir jamais rencontré le nom de Marivaux dans les pièces relatives à la Monnaie.