‹ Marivaux, sa vie et ses œuvres, d'après de nouveaux documents;Chapitre 50 sur 445 · Lettre à Berger, février · texte numérisé non relu

Lettre à Berger, février

90 L*HOHME.

Comme tout cela est aimable et adroit^ fait pour guérir les ancien nés blessures et désarmer l'adversaire! Cependant, Marivaux, qui avait déjà refusé la proposition du libraire, hésite, — du moinsy on le dit à Voltaire, — parce que le libraire aurait doublé la somme offerte. Seconde lettre de Voltaire, qui laisse voirses craintes, qui a bien envie d'injurier Marivaux, mais qui n'ose pas encore : c Remerciez M. de Marivaux, écrit-il à Thieriot ; il fait un gros livre contre moi qui lui vaudra cent pistoles. Je fais la fortune de mes ennemis K » Deux jours après, nouvelle lettre au môme, curieux mélange de ménagements et d'attaques, de colère sourde et de rage aveugle. D'abord, Voltaire se contient, malgré son envie d'éclater, et se soulage à demi par des pointes dans le genre de celle-ci : « Je n'ai offensé, ni voulu offenser jamais M. de Marivaux, que je ne connais point et dont je ne lis jamais les ouvrages'. S'il fait un livre contre moi, ce n'est point par vengeance, car il l'aurait déjà fait paraître ; ce n'est que par intérêt, puisque le libraire, qui ne lui en offrait que cinq cents francs, lui en donne cent pistoles cette année ^. > Mais bientôt, il n'y tient plus ; on sait ce qu'étaient les colères de Voltaire, et comme elles tournaient facilement à l'injure grossière; les gros mots arrivent, et il traite Marivaux de « misérable^ >. Cependant Marivaux avait refusé d'une manière définitive : la réfutation des Lettres phitosophifues ne parut pas ^.

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