D'Âlembert, p. 614, n
2. La première étude biographique et littéraire sur Marivaux fut publiée de son vivant, quatre ans avant sa mort, par l'abbé de La Porte, dans l'Observateur litiéraire de 1759, t. I, p. 73 et suiv. Elle est assez détaillée, très impartiale et généralement judicieuse. Après le travail de d'Alembert, c'est la source la plus considérable et la plus sûre de renseignements sur notre auteur. Elle fut reproduite, avec quelques détails nouveaux, sous le titre de Préface de f éditeur sur la vie et les ouvrages de Fauteur, en tète de Tédition des Œuvres diverses de Marivaux, publiée en 1765 par le libraire Duchesne, et sous le titre d'Essai sur la vie et les ouvrages de Pauteur, en tète de l'édition des Œuvres complètes , publiée en 1781 parla veuve Duchesne. Vint ensuite un Éloge, qui mérite bien peu son Utre, dans le Nécrologe des hommes célèbres, de 1 764, publié par Palissot : c'est une satire dédaigneuse des œuvres et du caractère de Marivaux ; elle n'apprend guère rien que de La Porte n'eût déjà dit. En 1769, Lesbros delaVersane (voy ci-après, appendice IV, b) fait paraître V Esprit de Marivaux ou Analectes de ses ouvrages ^ précédé d'un Éloge historique de cet auteur. Ce travail, assez étendu, est un panégyrique sans réserves de l'homme et de l'écrivain ; il est plein d'une sorte d'émotion touchante et comme d'une ferveur de reconnaissance ; le panégyriste a dû connaître particulièrement l'écrivain et ressentir ses bienfaits. On y trouve de nouveaux renseignements^ nombreux et précis, qui complètent ceux de l'abbé de La Porte, et deux lettres inédites de Marivaux, très intéressantes, adressées sans doute à Lesbros lui-même, bien qu'il ne le dise pas : le ton affectueux de ces lettres, l'appellation de o mon cher enfant, » qui s'y trouve (p. 34} et qui s'accorde bien avec l'affection mutuelle qui unissait sans doute le panégyriste et son auteur, rendent cette hypothèse vraisemblable. — C'est dans ces divers écrits que d'Alembert a puisé les éléments de son Éloge. Il y a joint, pour les relations de Marivaux avec Fontenelle, les renseignements contenus dans les Mémoires pour sentir à l'histoire de la vie et des ouvrages de M, de Fontenelle, par l'abbé Trublet (1759, in- 12), et ce qu'il pouvait savoir par lui-même. Leii biographes postérieurs à d'Alenà>ert n'ont fait que le copier, sauf un, M« Edouard Fournier (voy. ci-après); le dernier éditeur des Œuvres complètes de Marivaux, Duriquet, n'est remonté aux sources que très rarement.